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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

21 septembre 2011

SOS Racisme massacre la langue de Molière

drcSOSRacisme

SOS Racisme a lancé un communiqué dénonçant les soi-disant dérives « racistes » des manifestants anti-Kagame congolais lors de la visite du président rwandais à Paris le 12 septembre.

Mais là n’est pas mon propos. Mon propos, c’est l’étonnant amalgame que SOS Racisme fait entre les verbes « perpétrer »et « perpétuer ».

Lisons plutôt ce communiqué de SOS Racisme, à commencer par le titre : « SOS Racisme dénonce les attaques racistes perpétuées [sic] à l’encontre des rwandais en marge du déplacement de Paul Kagamé ».

On croit peut-être qu’il s’agit là  d’une faute d’inattention passagère. Mais non, au deuxième paragraphe du communiqué,SOS Racisme remet cette terrible faute :

« Les attaques perpétuées [sic] par des groupes, vraisemblablement issus de RDC, ont ciblé des individus isolés, qui ont été insultés, agressés et tabassés dans les transports en commun ou encore dans la rue ».

Alors, rappelons la signification de ces deux mots aussi différents que le mot « blanc » est aux antipodes du mot « noir » :

Perpétrer :  Commettre. Exemple du dictionnaire : « Perpétrer un crime ».

Perpétuer :  Faire durer. Le dictionnaire donne l’exemple suivant : « Perpétuer la mémoire de quelqu’un ».

Comme quoi : Sopo et SOS Racisme massacrent la langue de Molière au moment où j’écris ces lignes ! A moins qu’ils ne se précipitent pour corriger cette faute d’idiots !…

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04 septembre 2011

WikiLeaks : Ambassadeur William Garvelink déconseille des rencontres de haut-niveau de Kengo à Washington (2010)

wikileaksKengo

Sénateur Léon Kengo wa Dondo

Câble du 20 janvier 2010

Titre Original de l’objet du câble : « Les ouvertures du Président du Sénat  Kengo—que mijote maintenant le vieux renard ? »

1. (Confidentiel) RÉSUMÉ : Le Président du Sénat Kengo wa Dondo a contre toute attente approché des diplomates des Etats-Unis, à Kinshasa et l’UA à Addis-Abeba (télégrammes de référence), pour solliciter de l’assistance aux fins de lui faciliter des rencontres avec des officiels de haut rang du gouvernement des Etats-Unis au cours de son prochain voyage à Washington. L’un des politiciens les plus habiles du Congo, Kengo est le seul membre de l’opposition à occuper une fonction de haut rang dans le gouvernement de la République Démocratique du Congo. Je crois qu’il est en train d’évaluer si les Etats-Unis l’appuieront dans l’éventualité d’une candidature à la présidence en 2011. Nous recommandons que le Département [d’Etat] n’arrange point ces rencontres pour Kengo sans en informer au préalable l’Ambassade de la RDC à Washington (ce que Kengo ne veut pas) puisque Kengo pourrait chercher à embarrasser Kabila, et voire les Etats-Unis. Bien que probablement discrédité par sa longue association avec le défunt dictateur Mobutu Sese Seko et handicapé par son origine ethnique (père européen et mère tutsie rwandaise), Kengo pourrait voir se profiler une occasion historique de diriger une opposition démoralisée et à la dérive, à moins de voir Kabila, de plus en plus impopulaire, gagner par défaut l’élection de 2011. Nous sommes sceptiques quant à l’hypothèse selon laquelle Kengo captera l’imagination des électeurs en 2011 mais la politique congolaise n’est rien moins qu’imprévisible. FIN DU RÉSUMÉ.

Au sujet d’une « mission discrète » aux Etats-Unis

2. (Confidentiel) Kengo wa Dondo, président du sénat national et le seul officiel de haut rang du gouvernement de la RDC qui ne soit membre de la coalition de Joseph Kabila au pouvoir, a approché les Etats-Unis par deux fois au courant des récentes semaines, une fois au cours d’une réunion qu’il a sollicitée avec l’ambassadeur (réf a) et, juste deux semaines plus tard, à l’UA à Addis-Abeba avec le Chef de la Mission Diplomatique intérimaire (réf b). Au cours de ces deux occasions, il a sollicité notre assistance pour lui faciliter des rencontres avec des officiels de haut rang du gouvernement des Etats-Unis lors d’une visite prochaine à Washington. Il a souligné au cours de ces deux rencontres que sa mission aux Etats-Unis devrait être menée dans la plus grande discrétion, demandant spécifiquement à l’ambassadeur à Kinshasa qu’aucun des employés locaux n’apprennent que l’ambassade allait délivrer des visas, à lui et à son staff.

3. (Sensible mais non confidentiel) Nommé Léon Lubizc à sa naissance en 1935 dans la Province de l’Equateur, Kengo est le fils d’un père polonais, qui abandonna sa famille quand Kengo était enfant, et d’une mère tutsie d’origine rwandaise. Lubizc changea son nom en celui de Kengo wa Dondo au début des années 1970 suite à la campagne de la dictature de Mobutu pour la « zaïrianisation » des noms. Kengo fut un protégé de Mobutu pendant plusieurs années, servant comme premier ministre à trois reprises : de 1982 à 1986 ; de 1988 à 1990 ; et de 1996 jusqu’au départ de Mobutu du Zaïre en 1997. Bien que Kengo prit ses distances avec Mobutu durant les années du « crépuscule » du dictateur, beaucoup de Congolais le considèrent encore comme « mobutiste ». Un partisan de l’économie libérale, Kengo était un interlocuteur de premier plan entre le Gouvernement du Zaïre et les institutions financières internationales au cours de ses périodes d’activité au gouvernement. La corruption ne lui étant pas étrangère, Kengo fut accusé de blanchiment d’argent par la Belgique en 2003. Les accusations semblent avoir abouti à un non-lieu puisque Kengo voyage fréquemment pour la Belgique où il a une résidence et des intérêts économiques.

4. (Sensible mais non confidentiel) Kengo quitta le Zaïre pour la Belgique quand Laurent Kabila prit le pouvoir en 1997 mais rentra peu après. Il appuya Jean-Pierre Bemba, qui est aussi de l’Equateur, dans sa campagne présidentielle en 2006 contre Kabila mais n’adhéra jamais au mouvement politique de Bemba. En janvier 2007, Kengo fut élu au Sénat à partir de l’Equateur. Il posa peu après sa candidature pour la présidence du sénat en tant qu’indépendant et remporta une victoire surprenante contre Léonard She Okitundu, le candidat de la coalition présidentielle (Alliance de la Majorité Présidentielle ou « AMP »). Beaucoup d’observateurs croient savoir que Kabila voulait d’abord empêcher Kengo d’assumer ses fonctions mais l’accepta à son corps défendant comme président du sénat après que les deux hommes se soient mis d’accord sur les règles du jeu de la coopération. Kengo a été une force de modération et du compromis en tant que président du sénat et l’on rapporte qu’il a de bonnes relations professionnelles—sinon amicales—avec Kabila.

Que mijote Kengo ?

5. (Confidentiel) Nous suspectons que l’objectif principal de Kengo pour se rendre à Washington est de tâter le terrain afin de voir si les Etats-Unis l’appuieraient s’il se décidait à se porter candidat contre le Président Kabila aux élections de 2011. Il comprend sans doute l’occasion qui s’offre à lui comme le mandat de Kabila approche de sa fin : Kabila est de plus en plus impopulaire auprès des masses populaires, à l’exception, peut-être, de son fief du Katanga, tandis que l’opposition démunie de leader est encore officiellement dirigée par Jean-Pierre Bemba, qui est emprisonné à La Haye depuis mai 2008 lorsqu’il fut arrêté et inculpé par la CPI des chefs d’accusation de crimes contre l’humanité.

6. (Confidentiel) En somme, quoique probablement discrédité par ses longues années d’association avec Mobutu, Kengo serait en train de combler le vide que peu d’autres politiciens congolais peuvent combler : il a un nom facilement reconnaissable, il peut compter sur un certain appui des « fils du pays natal » des provinces lingalophones de l’ouest, et il espère bénéficier de l’appui de la communauté internationale, particulièrement l’UE et les Etats-Unis, sur la base de son appui de longue date de l’économie libérale et de ses contacts avec les institutions financières internationales. Il pourrait même réussir à surmonter beaucoup de ses désavantages personnels, y compris son âge avancé (il aura 76 lorsque les élections auront lieu et 81 ans lorsque son mandat de cinq ans prendra fin en 2016) et son héritage ethnique. (NOTE : On nourrit ici généralement de la méfiance à l’égard des personnes d’héritage euro-africain mixte—les métis—et l’héritage rwandais est particulièrement troublant pour beaucoup de Congolais à cause de l’agression rwandaise présumée contre la RDC durant les guerres du Congo. FIN DE LA NOTE). Néanmoins, nous n’anticipons nullement qu’une candidature de Kengo puisse capter l’imagination des masses populaires, quoiqu’une candidature présidentielle couronnée de succès ne soit pas à exclure.

7. (Confidentiel) COMMENTAIRE: Kengo nous a demandé ainsi qu’à la mission diplomatique à l’UA de maintenir une stricte confidentialité en rapport avec sa visite prochaine, actuellement prévue pour la mi-février, pour des raisons non spécifiées. Nous recommandons que le Département [d’Etat] se garde d’arranger ces visites sans en informer au préalable l’ambassade congolaise à Washington. Il se pourrait que Kengo voulût embarrasser Kabila en montrant qu’il a l’ « appui » de Washington. Mais il peut tout aussi bien prétendre que nous avons proposé de l’aider si ça se sait qu’il est en train de manœuvrer pour obtenir l’appui international pour affronter Kabila. FIN DU COMMENTAIRE.

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03 septembre 2011

WikiLeaks: Jean-Joseph Mukendi à l’Ambassade américaine de Kinshasa: l’UDPS garde toutes ses options ouvertes

WikiLeaks: Jean-Joseph Mukendi à l’Ambassade américaine de Kinshasa: l’UDPS garde toutes ses options ouvertes vis-à-vis du RCD-Goma et du MLC (27 octobre 2004)


WikiLeaksJean-JosephMukendi

Jean-Joseph Mukendi, proche Conseiller de Tshisekedi en 2004

***

 

1. (Information confidentielle) RÉSUMÉ : Un proche conseiller de la figure d’opposition Etienne Tshisekedi, leader du parti UDPS, a confirmé que l’UDPS n’est plus l’alliée du RCD-Goma et maintient des liens informels avec le MLC de Jean-Pierre Bemba. A notre avis, alors que l’alliance Tshisekedi-Bemba est certainement possible au cours des élections prochaines, rien n’est moins certain que de voir le Président Kabila faire équipe avec le leader de l’opposition. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (Information confidentielle) Jean-Joseph Mukendi, un proche conseiller de la figure d’opposition Etienne Tshisekedi a dit à l’officier politique le 27 octobre que le parti de Tshisekedi, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), n’a plus eu d’alliance formelle avec le mouvement du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma) depuis la fin de 2003. L’UDPS appuie cependant les vues du RCD-Goma sur certaines questions, comme [la question de la] nationalité. Tshisekedi est également en contact avec des membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC), et en fait Bemba avait récemment convié le leader de l’UDPS à un dîner formel, quoique Tshisekedi déclinât [l’invitation]. L’UDPS s’attend à ce que les prochaines élections, fixées pour juin 2005, consisteront à créer des alliances, et elle garde toutes ses options ouvertes pour le moment.

3. (Information confidentielle) Mukendi sait que bien qu’il y ait encore une dispute en cours sur la légalité de l’UDPS dans le cadre de la nouvelle loi sur les partis politiques, adoptée au début de 2004, cela n’est point un obstacle sérieux et les autorités [administratives] de bas niveau ne harcèlent pas du tout les membres de l’UDPS. Il a ajouté que le point important dans l’agenda de l’UDPS dans l’avenir immédiat est de tenir le congrès du parti en février 2005, et que Tshisekedi ne projette de voyager nulle part avant cette échéance.

4. (Information confidentielle) COMMENTAIRE : L’opinion de Mukendi sur les relations UDPS-RCD contredit ce que des membres de la haute hiérarchie du RCD ont récemment déclaré, comme quoi la vieille alliance est encore active et se porte à merveille. Aux yeux de l’UDPS, ce partenariat est mort en 2003 après que les ex-belligérants eurent manqué de respecter un « gentleman’s agreement » non-écrit par lequel Tshisekedi serait devenu vice-président du gouvernement de transition. Le MLC est beaucoup plus attrayant en termes de gagner des votes, et s’il pensait qu’il pourrait gagner, Jean-Pierre Bemba accepterait d’être premier ministre sous une présidence de Tshisekedi. Une alliance avec le Président Kabila serait un arrangement inconvenable du fait que la différence d’âge est plus prononcée (Tshisekedi a plus de 70 ans, Kabila la trentaine) et les deux veulent tous être présidents. FIN DU COMMENTAIRE.

 

Source: WikiLeaks

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29 août 2011

WikiLeaks: L’Ambassade des USA à Kinshasa identifie ceux qui répandent la « Théorie du complot de la balkanisation » du Congo

drcwikileaks

Dans le lot des milliers de documents et câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks le 26 août 2011, il y a un câble produit en février 2010 par l’ambassade étatsunienne à Kinshasa et envoyé au Département d’Etat. La lecture de ce câble diplomatique est particulièrement fascinante du fait qu’il est d’actualité. Le câble en question a pour objet : « La Théorie du complot de la ‘Balkanisation’—un défi pour les efforts de rayonnement de la Diplomatie Publique en RDC ».

Voici ma traduction intégrale de ce câble :

KINSHASA, 2 FÉVRIER 2010. 11H08

« 1. (Information sensible mais non confidentielle) RÉSUMÉ. Le terme « balkanisation » a une signification particulière en République Démocratique du Congo, où il se réfère à une théorie du complot selon laquelle des intérêts étrangers cherchent à diviser la RDC en petits Etats satellites en vue de faciliter l’accès aux vastes réserves minières du pays. De nombreux éminents Congolais affirment volontiers que les Etats-Unis font partie de ces puissances étrangères qui sont disposées à ‘balkaniser’ la RDC, de la même manière que de nombreux Congolais semblent croire que les Etats-Unis favorisent les visées supposées du Rwanda vis-à-vis de la RDC. Il n’est pas facile de déterminer si ces vues sont très répandues ou si elles résultent principalement de la manipulation de l’opinion publique par le gouvernement. Quoi qu’il en soit, aborder la ‘balkanisation’ doit être un élément important de la stratégie à déployer dans les efforts de rayonnement de la Mission [diplomatique]. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (Information non confidentielle) Le 2 février, le staff des relations publiques a rendu visite à Freddy Mulumbu [(sic) ; Mulumba ndlr], rédacteur en chef du journal Le Potentiel, pour discuter de la ‘théorie de la balkanisation’, l’idée selon laquelle des intérêts financiers et des lobbies politiques occidentaux ont un plan de diviser la RDC, de saper la souveraineté nationale et le pouvoir de l’Etat, et de maintenir le pays empêtré dans la violence et le sous-développement en vue d’exploiter ses ressources naturelles. L’un des anciens journalistes du Potentiel, Emmanuel Kabongo, un grand partisan de la théorie de la Balkanisation, était également présent. (Note : Le Potentiel est l’un des journaux les plus lus, les plus influents, et relativement indépendants à Kinshasa. Chaque jour, la page de la une porte un encadré qui dit : « Non à la balkanisation de la RDC ! » et le thème est souvent discuté dans des articles de nouvelles, des éditoriaux, et des commentaires signés. Par l’entremise du Potentiel, de sa chaîne de télévision, Télé 7, et des conférences et débats de haut niveau, les partisans de la balkanisation ont une plateforme médiatique puissante. FIN DE LA NOTE).

3. (Information sensible mais non confidentielle) Mulumba a commencé par dire qu’au cours d’un voyage au Canada en 2009, il avait rencontré un quidam (qu’il n’a pas identifié), qui a dit : « Il y a un projet de détacher l’Est de la RDC du reste du pays ». Après quoi, Mulumba a trouvé des preuves à l’appui dans « Le Chant de la mission » de John le Carré (un roman), dans le journalisme d’opinion à l’instar de « The Congo Doesn’t Exist [Le Congo n’existe pas] » par Jeffrey Herbst et Greg Mills [publié] dans le magazine Foreign Policy, dans les commentaires de l’ancien membre du Congrès Cynthia McKinney, et dans les écrits de la journaliste belge controversée Collette [(sic) ; Colette ndlr] Braeckman. Mulumba dit que ses suspicions furent confirmées lorsque le Président Joseph Kabila avait déclaré dans un récent Message de Nouvel An que le peuple congolais avait, avec succès, fait échouer des efforts pour balkaniser son pays. Mulumba considérait également l’ouverture des missions diplomatiques dans les Kivus par les Etats-Unis, la Belgique et la France comme la preuve que ces puissances veulent séparer cette région de la RDC.

4. (Information non confidentielle) Mulumba a fait l’exposé d’une théorie néo-Marxiste de l’histoire selon laquelle chaque phase successive du développement économique occidental dépendait de l’exploitation des ressources humaines et naturelles africaines, particulièrement celles du Congo—en premier lieu, l’agriculture avec des esclaves, puis l’industrie avec le caoutchouc du Congo, et présentement la haute technologie avec le coltan et d’autres minerais de l’Est de la RDC. Mulumba attribua la responsabilité du conflit qui a fait des millions de victimes congolaises entre 1997 et 2003 aux Rwandais, avec l’appui du gouvernement des Etats-Unis, transformant [ainsi] la RDC en « un Etat vassal du Rwanda », ce qu’il est resté jusqu’aujourd’hui, soutient-il. Il voit dans les efforts pour intégrer les anciens rebelles dans les FARDC comme un complot pour la prise de contrôle rwandaise de l’armée congolaise. Tout en appuyant en théorie la réforme du secteur de la sécurité, et tout en prônant une armée nationale forte et professionnelle, Mulumba stigmatisa les efforts internationaux comme désorganisés et même propres à semer la discorde.

5. (Information non confidentielle) Kabongo se lança dans une tirade contre ce qu’il considérait comme une immixtion des Etats-Unis dans la souveraineté congolaise, de la Guerre Froide (qu’il dit « avoir été vaincue en RDC », grâce aux ressources minières extraites ici) jusqu’au jour d’aujourd’hui. Avec l’élection de Barack Obama, qui s’est fait le champion de la RDC au Sénat des Etats-Unis, Mulumba déclara qu’il espérait voir changer la politique des Etats-Unis envers l’Afrique, et il souligna la couverture généralement positive de sa maison de presse de la visite en août dernier de la Secrétaire d’Etat Clinton comme un signe de son optimisme. Cependant, Mulumba était frustré qu’il n’ait point vu de plus amples « mesures concrètes » de l’appui du gouvernement des Etats-Unis. Tout en croyant qu’Obama se préoccupe personnellement de la RDC, Mulunda pointa du doigt « un lobby qui a le contrôle sur la politique étrangère américaine », et fit allusion aux intérêts miniers qui sont derrière [ce lobby]. Il exprima également son scepticisme sur l’assistance des Etats-Unis et des autres bailleurs de fonds. Mulumba, qui visita récemment la Chine, déclara que l’investissement étranger direct, plutôt que l’aide au développement, pourrait aider la RDC à sortir de la pauvreté.

6. (Information non confidentielle) Mulumba mit en évidence le succès d’une récente conférence sur la Balkanisation sponsorisée par Le Potentiel. Citant le grand nombre des participants, Mulumba nota que le public congolais était enthousiaste pour discuter de cette question, particulièrement avec l’Ambassade des Etats-Unis. L’Adjoint du chargé des Relations Publiques et le chargé de la Diplomatie Publique ont fait remarquer que les Etats-Unis étaient intéressés d’engager une discussion courtoise et ouverte pour contrer les thèses répandues par la théorie de la balkanisation. Toutefois, la participation du public se devra de rester cordiale afin de permettre une conversation productive (plutôt que des engueulades dans lesquelles semblaient dégénérer les discussions), et devra inclure d’autres bailleurs de fonds. (NOTE : Le chargé de la Diplomatie Publique fut invité à participer, mais déclina l’invitation, après qu’il eut appris que les Etats-Unis étaient le seul bailleur de fonds convié. FIN DE LA NOTE).

7. (Information non confidentielle) Mulumba et ses collègues ne sont pas les seuls à avoir ces opinions. L’Avenir, un journal pro-gouvernemental avec des liens étroits au Président Joseph Kabila, fit passer un article le 3 février exprimant la suspicion selon laquelle les programmes de démobilisation menés par la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) sont un « Cheval de Troie » intégrant des Rwandais dans l’armée de la RDC et d’autres institutions nationales. Lorsqu’une étude patronnée par les Nations Unies remit en cause l’estimation de 5,4 millions de Congolais morts dans les récents conflits, une association de groupes de la société civile congolaise accusa des « nations occidentales » anonymes d’utiliser cette étude pour minimiser « leur responsabilité dans les massacres en RDC ». Dans ses conversations avec des étudiants congolais, le chargé de la Diplomatie Publique entend souvent dire: « Tout le monde sait que les Etats-Unis étaient derrière l’invasion de la RDC par le Rwanda ».

8. (Information sensible mais non confidentielle) Commentaire : S’il est vrai que la théorie de la Balkanisation a des partisans à travers la RDC, nous ne sommes pas sûrs du degré auquel elle résonne à travers la société congolaise. Si des intellectuels radicaux comme Mulumba en expriment la version forte, des variantes modérées de la théorie sont régulièrement articulées par la presse pro-gouvernementale, des personnalités politiques, et des particuliers. Certains Congolais suspectent, à un certain point, que l’assistance du gouvernement des Etats-Unis (et voire toute l’aide internationale) est donnée en vue d’affaiblir le pays et de promouvoir des intérêts financiers privés. Cette opinion est particulièrement prépondérante dans les Kivus, dans la mesure où le public continue à croire que les intérêts américains supportent les efforts supposés du Rwanda d’annexer les Kivus et de monopoliser les ressources de la région (télégramme de référence). Encore est-il possible que la théorie ne soit embrassée que par une minorité bruyante, ou qu’elle soit encouragée par un leadership cynique et qu’elle soit sans appui répandu dans le public. Sans un état des lieux des attitudes et des opinions publiques, l’Ambassade de Kinshasa est présentement incapable de mesurer exactement le degré auquel cette théorie exerce une influence parmi les particuliers congolais. Nous allons explorer des moyens d’obtenir des ressources pour un sondage approfondi sur les attitudes et les opinions concernant les politiques du gouvernement des Etats-Unis, afin de développer un engagement efficace pour contrer cette théorie de la Balkanisation, ainsi que d’autres questions cruciales pour la mise en œuvre des objectifs stratégiques de la mission [diplomatique] en RDC. Des rapports ultérieurs exploreront d’autres opinions et attitudes qui ont un impact sur la perception du public congolais de la politique américaine envers la RDC. Fin du commentaire. »

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26 août 2011

Des Noirs Africains sommairement exécutés à Tripoli

La vidéo suivante du reporter Dan Rivers de CNN contient des images particulièrement insupportables de noirs africains sommairement exécutés par les rebelles libyens qui venaient d’investir le bunker de Kadhafi. 

 

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25 juillet 2011

Voici Samuel Muyizzi, le miraculé ougandais qui a réchappé au carnage d’Utoya

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Samuel Muyizzi, 30 ans
Membre du Democratic Parti (DP) ougandais, en exil en Norvège
Rescapé du carnage d’Utoya, en Norvège, le 22 juillet
« Je me sentais en sécurité en Norvège »
Photo : Erik Hattrem / Dagbladet
(Crédits)

 

Il apparaît maintenant clairement que le « jihadiste » chrétien Anders Behring Anders Behring Brevik, avait fait détonner sa bombe à Oslo par diversion pour se livrer à un carnage sur l’île d’Utoya où se trouvait en retraite la crème de la génération montante du leadership du Parti travailliste norvégien. Le but non-avoué de ce massacre était de décapiter la génération montante des leaders du Parti travailliste norvégien, jugé trop complaisant envers les émigrés et la communauté musulmane.

Samuel Muyizzi, politicien ougandais en exil dont le parti (Democratic Parti--DP) est lié au Parti travailliste norvégien est animateur politique de la jeunesse. Il se trouvait lui-aussi parmi les jeunes réunis à Utoya.

« Puis soudain quelqu’un est accouru, en hurlant : ‘quelqu’un est en train de tirer sur nous’ », raconta-t-il aux journalistes norvégiens peu après la tragédie. « En Ouganda, on essuyait des coups de feu lors des manifestations ; j’ai alors demandé aux gens de ne pas paniquer. J’ai alors grimpé sur un arbre où je me suis caché. De cette hauteur, j’ai vu près de vingt personnes se faire exécuter. Il le faisait de sang-froid, se comportant comme un tueur professionnel. (Muyizzi raconte aussi que le tueur essayait d’embobiner les jeunes gens, les appelant à sortir de leurs cachettes, leur disant qu’il était plutôt venu à leur rescousse). Quand les jeunes gens sortaient, il tirait sur eux ».

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Le bracelet d’admission de Samuel Muyizzi à la retraite des jeunes du Parti travailliste.
Photo : Erik Hattrem/Dagbladet
(Crédits)

Puis, Muyizzi d’enchérir: « Le bracelet d’Utoya de cette année, je le garde… Je me sentais en sécurité en Norvège plus que partout ailleurs… Si ça peut arriver ici, ça peut arriver partout ailleurs ».

Muyizzi a lui-même été victime de la violence politique en Ouganda. Voici par exemple dans quel état il s’était retrouvé un beau jour novembre 2007 à Kampala, après une échauffourée avec les « kanyama », les jeunes hooligans pro-Museveni.

NorwaySamuelMuyizzi2007
Samuel Muyizzi. blessé après une échauffourée avec les « kanyama »
Kampala, novembre 2007
(Crédits)

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20 juillet 2011

Le magnat israélien Dan Gertler signe un contrat d'achat opaque avec la Gécamines

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Dan Gertler

2004, RDC

(Crédit)

 

Selon un article paru le 12 juillet dans Bloomberg, journal américain d’information économique et financière, il y a eu récemment une « vente non divulguée des avoirs de la Gécamines », la compagnie parastatale congolaise exsangue qui, en plus de ses mines de cuivre, a dans son portefeuille minier la plus grande réserve du monde de cobalt.

 La Gécamines aurait en effet vendu cette année d’importantes parts de capital dans deux grands complexes de cobalt du Katanga au jeune entrepreneur israélien Dan Gertler qui fait voici une décennie une percée irrésistible en RDC, non seulement dans l’investissement dans le secteur minier mais également dans le secteur bancaire en RDC. A lui seul, l’un des complexes vendus—la Mutanda Mining sprl—représente, selon les estimations des experts, une valeur nominale de plus de 3 milliards de dollars américains.

 Gertler aurait acheté ces parts de capital par l’entremise des compagnies dans lesquelles il détient des parts importantes : la Rowny Assets Ltd., et la Biko Invest Corp.—les deux entités commerciales, ajoute l’article, sont « offshores », ayant été constituées en sociétés le 27 février de cette année dans l’archipel des Iles Vierges Britanniques, réputées paradis fiscal.

Cet achat signifie que Gertler pourrait potentiellement contrôler une bonne partie de la production mondiale du cobalt.

 Des analystes du secteur minier pensent que cette vente opérée par la Gécamines pourrait s’avérer préjudiciable pour la compagnie, d’autant que celle-ci projette de mettre sur le marché des parts qui pourraient intéresser des grands investisseurs potentiels. Or, sans une exposition publique des termes de cette vente (le montant déboursé par Gertler), des investisseurs pourraient se montrer réticents à acheter des parts au prix que leur proposerait la Gécamines, se disant que cette dernière aurait peut-être vendu de grandes parts au rabais à leur concurrent. Qui plus est, toute vente de cette ampleur effectuée par la Gécamines devrait au préalable être avalisée par la Banque Mondiale puisque selon les accords signés entre cette institution de Bretton Woods et le gouvernement congolais—accord entériné par une ordonnance du Ministère de Finance—les « ventes et les prix des avoirs en ressources naturelles sont censés être rendus public », selon Bloomberg.

 Le Député National Modeste Bahati Lukwebo, chargé de la sous-commission des audits dans la Commission ECOFIN de l’Assemblée Nationale, est cité dans l’article. Ce dernier aurait été interviewé le  6 juillet par Bloomberg. Dans cette interview, le Député Bahati dénonce l’opacité de la Gécamines et exige que la gestion de la compagnie parastale soit « transparente », ajoutant  qu’il faudra qu’elle « justifie ce que l’Etat congolais a gagné de la vente de toutes ces concessions ».

 Tant le Président du Conseil d’Administration (PCA), Albert Yuma Kalimbi, que l’Administrateur Directeur Général  (ADG), Ahmed Kalej Nkand, de la Gécamines, se sont refusé à tout commentaire lorsqu’ils furent contactés par les journalistes Michael J. Kavanagh and Franz Wild qui ont rédigé l’article.

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07 juillet 2011

Modération temporaire des commentaires pour supprimer les publicités intempestives

Chers blogueurs et chères blogueuses,

Je suis bien dans l’obligation d’établir temporairement une modération des commentaires pour bloquer les publicités intempestives dirigées contre notre espace.

Je lèverai cette modération aussitôt que je me rendrai compte que ces va-nu-pieds nous auront bien foutu la paix !

Alex

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DSK: Ses profondes attaches guinéennes malgré les salades racontées par la p… irrespectueuse

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Stéphane Keita

Neveu franco-guinéen de DSK et ancien chef de cabinet de son oncle

(Crédits)

 

Malgré les salades racontées par Nafissatou Diallo, celle que le tabloïde new-yorkais New York Post a révélée n’être qu’une pute irrespectueuse et racoleuse de bas étage, il y a des attaches profondes, tragiques et ineffaçables liant DSK à la terre guinéenne; attaches sur lesquelles les médias semblent faire l’impasse. Au fait, dans cette affaire des mœurs, on a souvent présenté Dominique Strauss-Khan simplement comme un riche goujat blanc qui aurait profité de la faiblesse d’une pauvre émigrée guinéenne perdue dans la jungle new-yorkaise. Certains ont même parlé de « La Belle et la Bête…

Or beaucoup s’en faut…  

En plein milieu de la tourmente strauss-khanienne, les médias guinéens—dont Aminata et AfricaLog—nous apprennent que la sœur aînée de DSK était la première épouse de Keita Kara Soufiana alias « de Soufiane », fonctionnaire dans la police française bien avant l’indépendance.

De ce mariage entre DSK et l’aînée de DSK naîtra un seul enfant : Stéphane Keita, énarque franco-guinéen, ancien chef de cabinet de son oncle, lorsque ce dernier était ministre, et qui aujourd’hui, à 53 ans, est Directeur Général d’OSICA, Entreprise Sociale pour l’Habibat—du parastatal Groupe SNI (Société Nationale Immobilière)—, communément appelé « bailleur social », qui gère le patrimoine immobilier de l’Etat français.

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Stéphane Keita

Neveu franco-guinée de DSK

Photo non-datée

(Crédits)

 

Mais avant ce mariage, Keita Kara Soufiana avait eu un fils, nommé Aboubacar Kara Keita, technicien de radiodiffusion nationale guinéenne. Et après Stéphane Keita, le Commissaire Keita Kara a eu de nombreux autres enfants qui sont, selon les mots d’un article d’AfricaLog, « frères et sœurs guinéens de même père et par extension, ces derniers sont aussi considérés comme des nièces et neveux [par alliance] de DSK. C’est ainsi que se comprennent les liens de parenté en Afrique. »

La joie et le bonheur ne pouvaient qu’être fort ténus sous le régime stalinien de l’ogre Sékou Touré, qui fit périt, selon les estimations, entre 30.000 et 60.000 citoyens guinéens. Et le Commissaire police Keita Kara Soufiana alias « de Soufiane » sera arrêté en janvier 1971 par les sbires de Sékou Touré (ci-dessous, sa photo d’identification lors de l’arrestation).

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(Crédits)

 

 Mais la tragédie frappe de plein fouet le lundi 25 janvier 1971, lorsque seront pendus, au Pont Tombo (aujourd’hui Pont du 8 novembre), le Commissaire de police Keita Kara Soufiana et trois autres hauts cadres guinéens—sur la photo ci-dessous, de l’arrière-plan à l’avant-plan : Ousmane Baldet (ministre de finance); Barry III (secrétaire d’Etat); Magassouba Moriba (ministre); and Keita Kara Soufiana (beau-frère de DSK).

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(Crédits)

 

Quoi que l’on dise, on ne peut donc nullement passer sous silence ces liens de sang de DSK avec la terre meurtrie de la Guinée.

On peut donc comprendre, comme nous l’apprend AfricaLog, l'ire et la mobilisation générale de la famille guinéenne strauss-khanienne :

« Ces nombreux neveux et nièces (de DSK), qui n’ont jamais cru aux accusations de Nafissatou Diallo, avaient, de leur côté, constitué le front de soutien à DSK en Guinée, à la SIG Madina, quartier populeux de Conakry où habite la famille Kara Kéita, ainsi qu’à Balato, leur village d’origine dans la préfecture de Kouroussa en Haute-Guinée. Surtout qu’ils apprennent que l’ancien Maire de Sarcelles (DSK), entre 1995 et 1997, s’était montré bienveillant à l’égard des Guinéens qui habitaient sa commune. DSK avait même recruté certains d’entre eux, qui étaient en règle, comme policiers municipaux ».

Posté par Alex Engwete à 20:24 - DSK, Nafissattou Diallo - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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28 juin 2011

USA : La tombola des psychopathes politiques

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Chaque saison électorale présidentielle étatsunienne produit son lot de mabouls politiques. Des têtes de cochon ou des têtes brûlées—c’est selon,—de gauche ou de droite du râtelier politique. Même si la gauche américaine n’a de gauche que le label…

Ces « psychopathes politiques » (pour emprunter le terme de Matt Taibi dans son récent article dans le magazine Rolling Stone) sont souvent des personnages hauts en couleur, certes, mais dont l’intelligence peut tenir sur une tête d’épingle. 

Durant la dernière saison, il y a eu Sarah Palin—colistière de John McCain. Avant elle, il y eut, à gauche, Ralph Nader, dont les ambitions présidentielles intempestives auraient coûté à Al Gore la présidence ; et, à droite, un milliardaire nommé Ross Perot qui, en son temps, aurait lui-aussi grignoté des voix précieuses à Bush-père.

Ce coup-ci, la campagne pour les primaires du Parti Républicain produit une fanatique religieuse nommée Michele Bachmann, 55 ans—« L’élue » de Dieu, comme l’avait nomméee un journal en 2006, alors qu’elle était encore sénatrice de son Etat du Minnesota qui se proposait de se lancer dans la course pour le Congrès ; élection qui l’a propulsée en 2007 comme premier membre féminin du Congrès de son Etat, députée du 6ème district du Minnesota; « un district du Congrès qui est le plus blanc de l’Etat (95% des blancs) et dont le revenu moyen des ménages est de 60. 893 dollars; quelque 16.000 dollars au-dessus de la moyenne nationale, selon les chiffres du recensement de 2004 ». Michele Bachmann a officiellement annoncé sa candidature présidentielle ce lundi 28 juin dans une ville de son Etat bizarrement (et beaucoup espèrent prophétiquement) appelée Waterloo !

Contrairement à Sarah Palin, elle-aussi bigote, Bachmann a les deux pieds sur terre et a généralement remporté les élections face à des rivaux qui la sous-estimaient. Et comment ne pas sous-estimer une idiote patentée et rire d’une écervelée dont la plateforme et la thématique politiques se résument en ce que l’un de ses anciens rivaux avait définies en ces termes : « Tout le monde aura un fusil, personne n’aura un avortement, personne ne paiera d’impôts, tout le monde ira à l’église, et il n’y aura plus d’enseignants gauchisants à l’école ». Comment ne pas rire d’une tête-en-l’air dont le florilège d’absurdités et d’insanités proférées fait déjà l’objet spécifique de plusieurs blogs. Comment ne pas se marrer d’une étourdie du Tea Party qui croit que Barack Obama est un Nazi ! Comment ne pas se moquer d’une âme apparemment simple qui estime que « Dieu est en train de lui parler directement et que cela justifie ses actions ! » Comment ne pas railler une personne qui croit mordicus que le réchauffement climatique est un « canular » concocté par des communistes ! Et comment donc ne pas faire des gorges chaudes de quelqu’un qui a « reculé tout au fond de l’Ancien Testament et qui ne mange pas de viande de porc » à cause des injonctions enfouies quelque part dans la Sainte Bible… Les amalgames proférés par Michele Bachmann sont si légion que des journaux—dont le Washington Post—, ont maintenant des rubriques « fact-checker », c’est-à-dire, de vérification des faits ou données émanant de Michele Bachmann.

Mais, comme l’avertit Matt Taibi dans l’article cité ci-haut, « Vous aimeriez rire, mais ne le faites pas, car le secret du succès de Bachmann, c’est qu’à chaque fois que l’on rit d’elle, elle devient plus forte ». Ne pas rire… d’abord parce qu’on ne sait guère si ses amalgames sont des propos décousus d’une « zélote religieuse dont le cerveau est un violent orage de visions divines et d’illusions parano »  ou des dérapages intentionnels d’une politicienne populiste rusée qui sait qu’une bonne partie de la base électorale du hinterland étatsunien est composé de virulents nationalistes et fanatiques religieux pour qui l’« élite » des zones côtières de l’est (New York, Boston, etc.) et de l’ouest (Californie) est une incarnation de Satan. Car, après tout, contrairement à Sarah Palin, Michele Bachmann, selon les différentes versions de son CV, est soit nantie d’une maîtrise ou d’un doctorat en droit d’une obscure université religieuse.

 Matt Taibi n’y va pas de main morte dans son avertissement sur l’émergence du « phénomène Michele Bachmann ». Il est bien certain que chaque cycle électoral étatsunien est une production d’une tombola de psychopathes politiques gravitant dans la périphérie des candidats sérieux, mais Michele Bachmann « est une espèce rare de psychopathe politique, à parts égales une sorte de Vent Divin kamikaze-pour-Jésus et une calculatrice, une menteuse machiavélique à six faces ayant une parfaite maîtrise des faux-fuyants. Qui qu’elle soit, elle n’est pas une bouffonne ».  

Devant le spectacle navrant que donne l’Amérique de Michele Bachmann, on ne peut que se poser des questions troublantes sur la dérive infernale de la démocratie américaine. .. qui se veut un modèle universel.


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(Crédits)

Posté par Alex Engwete à 22:52 - Michele Bachmann - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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