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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

20 août 2007

SCANDALE EN AFRIQUE DU SUD

Le reportage exclusif que vient de publier ce dimanche 19 août 2007 le Sunday Times de Johannesburg sur Manto Tshabalala-Msimang, la ministre très controversée de la RSA, est troublant et révoltant. Ce qui l’est encore plus, c’est l’appui injustifié dont bénéficie cette folle—il n’y a pas d’autres mots pour la qualifier—auprès du Président Thabo Mbeki. On se rappellera d’abord que les prises de position de Dr. Manto Tshabalala-Msimang sur l’endémie du SIDA sont moyenâgeuses et pratiquement criminelles dans un pays qui compte près de 5,41 millions de personnes infectées du VIH. Son attitude est à rapprocher de la folie charlatanesque du despote de Banjul, Yahya Jammeh, qui se moque des 20.000 de Gambiens infectés du sida en proclamant avoir trouvé la panacée contre le VIH : sept plantes connues de lui-même et quelques versets du Coran ! On peut rire de cette farce gambienne mais on doit s’inquiéter sur l’attitude de Manto Tshabalala-Msimang, ministre d’un pays censé fournir un leadership pour l’Afrique à l’antipode de l’autre grande folie soufflant de Tripoli. Pour Madame Manto Tshabalala-Msimang, les symptômes du sida peuvent se résorber miraculeusement en ingérant de l’ail arrosé d’un grand verre de jus de citron !
Comme si cela ne suffisait pas, on apprend que notre ministre est une alcoolique qui continue à boire malgré une récente transplantation du foie et un passé de voleuse au Botswana durant ses années de militante exilée dans ce pays de l’Afrique australe. Ces révélations surviennent près d’une quinzaine après le limogeage le 9 août 2007 par le Pr
ésident Mbeki de la
nozizwetwovice-ministre sud-africaine de la santé, Madame Nozizwe Madlala-Routledge, dont les prises de position sur le sida s’inscrivaient de plus en plus en faux contre celles de la ministre titulaire de la santé et celles du Président Mbeki lui-même.

Nozizwe Madlala-Routledge (Photo: TAC)

Ces événements en RSA doivent nous interpeller, surtout que la RDC dépend énormément de ce pays pour un grand nombre de projets de développement. Qui plus est, de plus en plus d’analystes politiques sud-africains pensent que l’arbitraire sous le régime de Mbeki peut bien préparer la voie à l’élection d’un despote populiste qui amorcerait la « zimbabwéisation » de la RSA. Et le dernier sommet de la SADC étonne du fait qu’au lieu d’une dénonciation en règle de Mugabe, architecte de la ruine économique de son pays, ce potentat s’est plutôt vu applaudi par ses collègues qui, pour cette occasion, méritent bien d’être taxés de « complices ».
J’offre dans les lignes qui suivent la traduction intégrale du reportage du Sunday Times. Cet article devrait servir de leçon à nos journalistes qui n’ont aucun sens du journalisme d’investigation et qui confondent souvent la transcription de la rumeur avec des faits patentés. Remarquez les points suivants: 1) le nombre de journalistes mobilisés; 2) le temps mis dans l'investigation (plusieurs mois); 3) dans tout ce qui a trait aux faits, l'article n'a pas une seule fois utilisé le mode conditionnel, mode de prédilection des soi-disant journalistes de chez nous, y compris dans les prétendus rapports d’investigation de Journaliste en Danger (Je reviendrai d’ailleurs dans un prochain post sur la farce du rapport de l’assassinat de Franck Ngycke et de son épouse fait par JED). 

***

REPORTAGE SPECIAL: MANTO TSHABALALA-MSIMANG
MANTO: UNE IVROGNE ET UNE VOLEUSE—EXCLUSIF: DE NOUVELLES REVELATIONS CHOQUANTES SUR LA MINISTRE DE LA SANTE

PAR : JOCELYN MAKER, MEGAN POWER, CHARLES MOLELE ET BUDDY NAIDO
Publié le 19 août 2007, Sunday Times (Johannesburg)

Traduction française : ALEX ENGWETE

La Grande Dissimulation : L’alcoolisme, véritable raison de sa greffe du foie
Le Petit Sale Secret : Elle a été chassée du Botswana pour avoir volé
à une patiente

La Ministre de la Santé Manto Tshabalala-Msimang avait une maladie du foie d’origine alcoolique causée par des années d’alcoolisme quand elle a reçu une greffe cette année.
Aujourd’hui Sunday Times met à nu la dissimulation autour de la greffe par le staff médical pour cacher son véritable état de santé—une cirrhose du foie causée par l’alcoolisme—une maladie synonyme de l’alcoolisme chronique.
La ministre, malgré le fait de recevoir ce cadeau de la vie lui offert par une victime adolescente du suicide, boit toujours de l’alcool—endommageant son nouveau foie.
Et, dans une autre révélation explosive, notre journal peut révéler que Tshabalala-Msimang a été reconnue coupable de vol quand elle était la directrice médicale à l’hôpital d’Athlone au Bostwana au milieu des années 1970.
mantoLe staff de l’hôpital était devenu suspicieux du fait que pendant des mois des montres, des bijoux, des chapeaux, des sacs-à-main et même des souliers étaient subtilisés aux patients.

Dr. Manto Tshabalala-Msimang, en plein rave en 2005 (Photo: Eddie Mtsweni)

Elle fut reconnue coupable au tribunal d’instance de Lobatse pour avoir volé la montre d’une patiente, des couvertures, du linge et des radiateurs électriques de l’hôpital, et fut déclarée une « immigrante indésirable ».
Le 14 mars de cette année, à peine quelques jours après sa greffe controversée à la « Donald Gordon Medi-Clinic » à Johannesburg, l’équipe médicale de la ministre avait déclaré publiquement que le foie de leur patiente avait été endommagé par une hépatite auto-immunitaire—une maladie au long cours dans laquelle le système immunitaire du corps attaque les cellules du foie.
Ce qu’ils ont manqué de dire au public, c’était le fait que la garante du système sanitaire du pays était une alcoolique, ce qui justifiait le fait qu’elle ait eu besoin d’un nouveau foie.

Sunday Times a établi que :
* Des pressions ont été exercées sur les membres du staff médical pour garder le secret sur son véritable état de santé ;
* Ils ont signé des documents déclarant que s’ils révélaient un quelconque détail sur son état de santé et son traitement ils allaient être licenciés ;
* Les fiches médicales de la ministre établies lors de ses multiples admissions au pavillon privé « Folateng » de l’Hôpital Général de Johannesburg ont été enlevées du système [de la gestion informatisée des fichiers médicaux] pour la protéger ; et
* Que beaucoup de ses analyses sanguines ont été effectuées sous des faux noms.
La greffe et la dissimulation subséquente ont causé une tension parmi les médecins et les membres du staff qui avaient été préposés aux soins de la ministre qui savaient que Tshabalala-Msimang avait bu avant l’intervention.
Les critères standards de la greffe déterminent que les patients alcooliques doivent cesser de boire entre six et douze mois avant l’intervention chirurgicale et de manière permanente après l’opération pour protéger le foie.
Les patients qui ne se conforment pas à cette directive sont éliminés des programmes des greffes. Des experts ont déclaré que Tshabalala-Msimang n’a eu son foie que parce qu’elle était ministre de la santé. S’il s’était agi d’un autre patient dans son état on ne l’aurait pas qualifiée pour la greffe et elle serait morte.
Mais depuis lors des témoins se sont pointés qui déclarent avoir vu la ministre boire à plusieurs occasions depuis la greffe.
En juillet elle a bu du vin un dimanche au cours d’un vol de nuit de Durban à Johannesburg alors qu’elle était en classe affaires. Et en mai, dans une fête d’anniversaire à Pretoria, elle était ivre après avoir bu du vin rouge.
Juste cette semaine on l’a vue à nouveau en train de boire du whisky.
Des experts médicaux, qui ont refusé d’être cités de nom par peur de victimisation, ont dit qu’il y a d’autres receveurs beaucoup plus méritants sur la liste d’attente des greffes du foie.
Ils ont affirmé qu’étant donné les circonstances, l’allocation d’un foie donneur rare à la ministre était inappropriée.
A Lobatse cette semaine, une infirmière à la retraite, qui a témoigné au procès de Tshabalala-Msimang, a dit que celle-ci avait été découverte après s’être présentée au travail portant la montre volée à une patiente trois semaines après qu’on l’ait déclarée disparue.
Elle a dit que la police a plus tard trouvé d’autres articles volés au cours d’une perquisition au domicile de Tshabalala-Msimang.
Contacté pour un commentaire le vendredi [17 août], le Juge de la Haute Cour de Gaborone Ian Kirby, qui fut l’avocat de Tshabalala-Msimang à ce moment-là, a confirmé qu’il l’avait représentée.

« Je ne voudrais pas m’impliquer du fait que cette personne occupe un poste élevé en Afrique du Sud et qu’elle fut une fois ma cliente. Par-dessus tout, le privilège de la discrétion de communication entre avocat et client ne me permet pas de commenter ».
D’autres infirmières à la retraite et des membres du staff de l’hôpital ont confirmé l’incident. Le directeur actuel de l’hôpital, Dr. Hirui, s’est refusé à tout commentaire mais un employé a dit que les bouffonneries de Tshabalala-Msimang étaient bien connues du staff.

« Tout le monde ici pense que c’est risible qu’elle soit aujourd’hui une ministre de la santé en Afrique du sud », a-t-il dit.
Ces nouvelles révélations font partie d’une investigation de cinq mois et viennent au courant de la même semaine qu’un reportage de Sunday Times a révélé comment l’alcool était introduit subrepticement dans sa chambre d’hôpital à la « Cape Town Medi-Clinic » en 2005.
Elle avait été hospitalisée pour une opération de l’épaule faite par Dr. Joe de Beer.
Les membres du staff ont décrit son comportement comme « épouvantable » et qu’elle « savait qu’elle avait du pouvoir et en avait abusé ». Elle a aussi réclamé de la nourriture de Woolworths et des citrons de bon matin.
Les membres du staff de l’hôpital ont été envoyés acheter de l’alcool à plusieurs occasions par ses gardes du corps, une amie et un haut cadre de son staff.   
Des témoins ont déclaré avoir vu la ministre ivre à plusieurs occasions.
Aujourd’hui, nous pouvons de plus révéler qu’en 2005 un hôpital de Cape Town a refusé de la recevoir pour une opération de l’épaule à cause de ses exigences de la sécurité.
C’était après ce refus qu’elle fut admise à la « Cape Town Medi-Clinic » sur Hof Street. Là-bas aussi elle avait insisté que toutes les opérations soient annulées le mercredi quand elle devait être opérée de l’épaule.
Elle voulait également que son équipe de sécurité soit de garde devant toutes les salles d’opération durant son intervention chirurgicale.
La « Medi-Clinic » a refusé, mais avait reporté l’opération à un samedi lorsque toute les autres salles d’opération n’étaient pas utilisées.
Un homme de 27 ans, qui était un patient dans la salle voisine de celle de Tshabalala-Msimang, a dit que lorsqu’elle fut admise le vendredi il l’avait entendue « crier et hurler » sur les infirmières.
Il a dit qu’il l’a aussi entendue commander de la nourriture et du vin de Woolworths. Il a dit que c’était seulement après-coup qu’il a découvert qui était la « patiente hurlante ».

« J’avais pensé à ce moment-là qu’elle devait être une patiente psychiatrique. Son traitement des infirmières était choquant. Ce fut seulement après cette nuit-là quand une infirmière vint prendre ma pression sanguine que je découvris qu’il s’agissait en fait de la Ministre de la Santé ».
Il a dit qu’il n’a pas vu Tshabalala-Msimang boire. « Mais au cours de sa tirade elle a constamment utilisé le mot ‘wena’ » (un terme communément utilisé comme une réprimande).

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19 août 2007

DRC: SCATTERED AND WACKY NARRATIVES OF NATIONNESS

An American friend of mine who was carrying out her fieldwork in Zaire once blurted out jokingly that the Democratic Republic of the Congo was arguably the only truly “postmodern” country in the world. Adverse to the academic intellectual madhouse of deconstruction of the time, she meant that just like in the worst arbitrary contraptions of Theory, Congo was a place where “anything goes”—in the wackiest Derridean tradition of “bricolage.” At the time I was very angry at her “theory” of the Congo. But strangely, as I waddle through the swamp of Congo’s recent events on the one hand and attempt to map out the teeming blogosphere of the Congolese on the other hand, it suddenly dawns on me that what my friend said in jest turns out to be just about the perfect caption that could be tagged to the map of the DRC today.
One example would suffice to illustrate her point. After four years of one of the bloodiest and senseless wars in Africa that left in its wake the staggering death toll of upward of 4 million and alleged instances of one warlord and his men barbecuing and eating pygmies in the jungle in order to reinforce their “souls” through sorcery, the nation-building project of the UN required that all warring factions set up a transitional government consisting of one President and four Vice-Presidents—the infamous transitional regime known by its French arithmetic formula of “un plus quatre” [one plus four] which turned out to be the worst gridlocked system of government ever to be established in the world that dragged on maddeningly from 2003 to 2006. What’s more, even after the runoff of the presidential elections and the swearing in of Joseph Kabila as the new president in December of last year, Mr. Jean-Pierre Bemba, one of the Vice Presidents who was alleged to have cannibalized pygmies, had still hundreds of his militiamen bivouacking at his residence right in downtown capital city of Kinshasa. The situation came to a head in March of this year, with gunbattles that lasted two days and cost the lives of more than 200 people.
A pilot, Bemba was “exfiltrated” by the UN peacekeeping troops to the airport whence he flew one of his jets to Portugal. From the remove of southern Portugal, he’s now calling for his prompt return to the country as in the Congolese politicians’ understanding of political activities, any political crime is benign enough to warrant blanket impunity. And this, in a country that has still the death penalty for the rest of its citizens (though there has been a moratorium in judicial executions for the past few years), and where extra-judicial killings are reported daily and violence meted out by armed groups against women is so widespread that the UN had coined an expression for the phenomenon: “sexual terrorism.”
And all of this comes in the throes of what was dubbed the First African World War that involved at one point eight African countries (Angola, Burundi, Chad, Namibia, Rwanda, Uganda, Zimbabwe, and the central government of Kinshasa) as well as a constellation of homegrown armed bands and factions supported by one or another of these countries. What’s more, the 17,000-strong UN peacekeeping forces are accused to have engaged in all kinds of malfeasance—ranging from pedophilia and rape to arms and intelligence trafficking for minerals, etc—though their contribution to the peace process and nation-building can by no means be dwarfed by these crimes involving only a limited number of military units. Besides, Ambassador William Lacy Swing, the Special Envoy of the UN Secretary General in Kinshasa, is hailed by some Congolese as Congo’s Mandela.”
The nation-building project engineered and funded by the European Union and the UN anticipated that the adoption through referendum of the new constitution and the first democratic presidential and legislative elections since independence in 1960 would usher in a peaceful and stable postconflict landscape. Though peace has largely been restored in large parts of the country, unrest is still widespread in the eastern and northern swaths of the country—with the accompanying increase in the number of internally-displaced people and an exacerbation of violence against women.
The presidential electoral campaign of 2006 and the subsequent results of the presidential elections showed that the country was split in two along linguistic lines—on the one hand the Swahili-speaking eastern provinces and the Lingala-speaking western region on the other hand. While the eastern provinces voted overwhelmingly for the incumbent Joseph Kabila (58%), the western part of the country voted for his challenger Jean-Pierre Bemba (42%).
Now, Joseph Kabila was born in the east, grew up in Tanzania, and doesn’t speak Lingala—which amounts to a crime in the mind of some Kinois, the capital city inhabitants, who seem impervious to the fact that Mobutu didn’t speak Swahili! But it seems to be a privilege the Western Congolese had enjoyed of “ruling the country” from independence down to the last throes of Mobutu regime, until “Mzee” Laurent-Désiré Kabila, a Swahili speaker and the assassinated father of the current incumbent, came to drive him from power in 1997 with the help of his Rwandan allies. War soon broke out again in 1998 when Laurent-Désiré Kabila, a one-time socialist rebel leader whose armed group was briefly “managed” by Che Guevara in 1965, fell out with his Rwandan and Ugandan allies and asked them to leave the Congo. A change of heart that made these two formidable military adversaries of Congo unleash programmed "rebellions" with their direct participation, splitting the country in half. The so-called "rebellions" turned out in fact to be "military entrepreneurial" ventures of the plunder of the Congo by Uganda and Rwanda.
When “Mzee” Kabila was assassinated by one of his bodyguards on January 18, 2000 in the midst of the war, it was decided that his 24-year-old son, Joseph Kabila, then an army general, will replace him. This caused quite an uproar from some quarters of the opposition, especially from the veteran opposition leader Etienne Tshisekedi, who protested what they saw as a monarchical succession. It’s then strange to see in the intervening years Joseph Kabila, through an orchestrated campaign by the opposition, morph into the “foreign Rwandan usurper” at the helm of the Congo in the eyes of a considerable number of Western Congolese living mostly abroad who are very active organizing muscular anti-Kabila campaigns in European capitals. This labeling of Congolese leaders as foreigners, however, is by no means novel. Joseph Kasa-Vubu, Congo’s first President at independence and Patrice Lumumba’s foe, was rumored to be the son a Chinese railroad worker had with a woman of the Kongo ethnic group; whereas Mobutu was said to be the son an immigrant from the current Central African Republic had with a Congolese woman of the Ngbandi ethnic group. What’s new in the current depiction of Kabila as a “Rwandan” is the virulence of the campaign, with the concomitant demonization  of Rwanda and Rwandans by the very same politicians who had collaborated with Rwanda and Uganda during their "rebellion" years.
The man responsible for this “transmogrifying” of Kabila into a “foreigner” is Honoré Ngbanda, Mobutu’s top security adviser, who earned the ominous nickname of Terminator in that job. A prolific writer and pamphleteer, he has written one of the most comprehensive account to date of Mobutu’s fall. The participation in the new government of Mobutu’s son, François-Joseph Mobutu Nzanga as the powerful State Minister Agriculture doesn’t make the Ngbanda’s attacks on the new regime any less venomous.
Like most Congolese these days, Ngbanda is a born-again virulent evangelical Christian, a conversion that made his followers change his moniker to Prophetator! This surge of revivalism has also spawned cargo cults of all sorts and religious political sects like the Bundu dia Kongo [Kingdom of Kongo], whose more than 100 members died in clashes with police forces in the southern province of Bas-Congo [Lower Congo]. The fundamental precept of this sect is the belief that the Kongo ethnic group is, beside Israel, the elected people and their rapture is at hand with Armageddon looming in the near future. To hasten this rapture, they have to secede from the DRC and reconstitute the lost territory of the ancient Kingdom of Kongo whose borders spanned the southern parts of Congo-Kinshasa and Congo-Brazzaville as well as the northern portion of Angola. The more benign Congolese, however, read in Chapter 18 of the Book of Isaiah the prophecy that confirms their Bildung as the Lord’s chosen ones, especially the first verse of this chapter that has the prophet relaying God’s message intimating to a nation “which is beyond the rivers of Ethiopia” to

Go, you swift messengers,

to a nation, tall and smooth,

to a people feared near and far,

a nation mighty and conquering

whose land the rivers divide.

With this Christian revivalist movement running like wildfire through huge sections of Congolese society, politicians are quick to jump on the bandwagon and enlist their own party resident prophets or televangelical preachers on their media mouthpieces that pass as the local version of the freedom of the press. On a recent trip in Kinshasa, I watched one Sunday on RTNC [Radio Télévision Nationale Congolaise], the government-owned television station, the Reverend Pat Robertson deliver a sermon dubbed in French, in a country whose constitution clearly states the separation between state and religion. Overall, the whole country is over-politicized and overly religious—a situation some might deem of permanent near-insurgency with zealots looking out at every street corner for the second coming of the Messiah.
In this environment, the sudden conversion of Ngbanda to Christian fundamentalism is thus understandable. He has a movement called APARECO [Alliance Patriotique de la Réfondation du Congo]—Patriotic Alliance for the Refoundation of the Congo—and boasts a following in all the main capitals of Europe, especially in London, where his hooligans, called “bana mboka” [native children], scan the news for visiting Congolese officials and artists who are then targeted for physical attacks and harm. Joseph Kabila’s twin sister, Ms Janet Kabila, was nearly assaulted while on a visit in London a few months ago; while previously Kabila’s erstwhile chief-of-staff, She Okitundu, was beaten senseless and stripped naked in the streets of London.
The Prophetator’s propaganda technique is quite simple: if you repeat ad nauseum anything you make up out of thin air, it will end up being believed. His Web site disseminates both political and religious contents. He also has an occasional newspaper in PDF format called L'Oeil du Patriote. Another site of his followers is Kabiladoitpartir [Kabila must go], which has a sophisticated forum section that teems with participants during European daytime hours. Afrikblog, part of Canal Blog, is another blog portal where many other Congolese buying into Prophetator’s narrative find a free-blogging space. Congo Indépendant, an online newsmagazine, is also close to APARECO.
For these “native children” of the land, the on-going democratic process in the Congo is a sham as the country has been already sold to European and American financial interests who, to add insult to injury, had put a Rwandan as the President of the DRC. Anybody that contradicts them is bound to be physically assaulted if the person happens to be within reach or abused on internet forums. Calls regularly issue from the Prophetator to denounce the government, to urge the army and the people to insurgency and uprising, or to world leaders for their policies of openness toward the Congolese government or set to visit Kinshasa. Recently, when French President Nicolas Sarkozy at first included Kinshasa as one of the stops on his African tour, the Prophetator wrote a lengthy rambling open letter denouncing the planned visit to a “dictatorship.” When Sarkozy, for reasons only known to his schedulers, later on scrapped his visit to Kinshasa, the Prophetator and his followers hailed this cancellation as their personal victory. The veteran opposition leader Etienne Tshisekedi’s party UDPS [Union pour la Démocratie et le Progrès Social] is an objective ally of the Prophetator and both back Jean-Pierre Bemba.
In contrast to this constant political and religious mobilization, the supporters of the President have a hard time countering this permanent onslaught over the internet. Nkolo Mboka [Landowners], a pro-Kabila Web site, is presently under reconstruction under new management; and the RTNC to date has still no Web presence. Groupe de Presse L’Avenir, which has a forum section on its section, is so unattractive and the costs of internet surfing at cybercafés too prohibitive in Kinshasa to attract crowds of Congolese bloggers in contrast with their fellow citizens abroad. The other drawback of Congolese blogs is that it’s hard to find blogs that are not politicized. One notable exception is Cédric Kalonji’s Cédric au
Congo
whose posts are always a photograph of an uncanny street scene of Kinshasa with a short comment.
Contrast this with for instance the bitterness flowing from the site Kabiladoitpartir at the announcement by Radio Okapi—the UN-funded independent radio broadcasting from Kinshasa and covering the whole Central African region with a live stream on its Web site—of the death on August 1, 2007 of Professor Samba Kaputo, Joseph Kabila’s security adviser.
The moderator first forum announces the news of the death by referencing the source of the newswire:

"Une dépêche de Radio okapi vient de tomber. Elle annonce la mort du tout puissant conseiller spécial en matières de sécurité de Joseph Kabila, le professeur Samba Kaputo.Nous reviendrons prochainement sur les conséquences de la disparition de ce poids lourd du sérail kabiliste."

"We just got a wire from Radio Okapi. It announces the death of the all-powerful National Security Adviser of Joseph Kabila, Professor Samba Kaputo. We’ll soon get back on the consequences of the demise of this heavyweight in the kabilist seraglio."

Then follows the Radio Okapi newswire:

"Il est décédé ce mercredi matin en Afrique du Sud. Cette information a été confirmée par des sources officielles de la Présidence de la République, rapporte radiookapi.net

Le professeur Samba Kaputo était un acteur politique de premier plan. Il a été élu député national aux dernières législatives, plusieurs fois Gouverneur de province et ministre. Il avait été Conseiller Spécial du Président Joseph Kabila en matière de sécurité."

"He died this Wednesday morning in South Africa. This information was confirmed by official sources of the Presidency of the Republic, radiookapi.net reports.

Professor Samba Kaputo was a first-rate political operator. He was elected deputy during the last legislative elections, many times Provincial Governor and Minister. He had been the National Security Advisor of Joseph Kabila."

By the time I checked the forum following this news item, at 18:48 Paris time, 20 nasty comments directed at Joseph Kabila were already posted. Here is one of them posted by one user with the handle “Femme mûre à Chili”:

"Femme mûre à Chili 18 :48 :06 Paris Time

Quelle perte , peuple congolais? Un coup de chapeau Kanambe, tu sais vraiment tuer les congolais, alors extermines tous les congolais!!!Regarde comment il commence à tuer son entourage plus cher. Eux-même qui contribuent grandement à sa sécurité et à ses incompétences. quelle ignoble peuple. Nous venons de perdre tout un gros cerveau. Hypolite Kanambe, ton temps de mourir est là, saches-le mais ne crois pas que tu iras avec tout le monde. Drogues-toi comme tu veux , ainsi la mort va te surprendre sous les effets. Kala mingi te. L’oeil de l’Eternel est sur toi, rappelles-toi de l’histoire des enfants d’Israél avec les ammonites, les moabites etc.... Tu fais parti des moabites mais attendons-nous à quelque chose. A bon entendeur, salut."

"What a loss, Congolese people ? I raise my hat to you Kanambe [their nickname for Kabila], you really know how to kill the Congolese, then exterminate all the Congolese!!! Look how he’s starting to kill the dearest people in his entourage. The very people that greatly contribute to his security and [obviate] his incompetence. what ignoble people. We just lost a big brain, Hypolite Kanambe [Kabila], your time of death has come, do know it but don’t think you’ll be going with everyone else. Drug yourself as you wish, thus death will catch you unawares under the influence. You won’t have to wait that long. The eye of the Father Eternal is upon you, remember the story of the children of Israel with the Ammonites, the Moabites, etc. You’re a Moabite but let’s just wait and see. A word to the wise is enough."

As this post shows, most of Congolese opposition discourse has unfortunately turned into this kind of religious babble. That's how bad as it gets when a whole nation turns evangelical and every single comma in The Holy Bible is fraught with fateful implications. Maybe just like North Korea, but with a different configuration,  the Congolese nation is today one sprawling sect with one theological tenet: a virulent hatred of Rwanda and of Rwandans.

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17 août 2007

RDC: La logorrhée interminable du Prophétator

L’Etat est mort, vive l’Etat 

Il est étonnant de voir des gens apparemment sensés prendre au sérieux la litanie des poncifs débités au quotidien par le Prophétator Ngbanda. Pour certains de nos compatriotes, écouter ou lire le Prophétator pontifier sur les maux supposés ou réels du Congo passe pour un exercice religieux. Pour ces gens, le Prophétator est bien devenu le « Pontifex Maximus » des grands-prêtres, alchimistes, sorciers et gourous autoproclamés de la politique congolaise. On me passera l’analogie religieuse ici, car cet étonnant phénomène relève bien du comportement des membres d’une secte.

Et l’homme—le Prophétator, notre narcissique national—aime cette attention. Sa vie est devenue un paysage uni fait du flou chromatique de la logorrhée qui l’habite depuis la chute de l’Aigle de Kawele. Comme c’est la norme dans une logorrhée terminale, le flux de paroles du Prophétator est une divagation, mais la sienne a au moins le mérite d’être nantie de la distinction d’être couchée noir sur blanc sur papier en une sorte d’écriture automatique. Ce qui est une bénédiction pour l’analyse du discours qui pourra ainsi utiliser ces productions du délire perpétuel du Prophétator pour y exposer des trous béants dans ce qui passe pour le raisonnement chez nous. Exercice auquel nous invite le dernier produit du Prophétator intitulé « L’Etat  congolais est bel et bien mort ! »  

Je ne m’attarderai pas ici sur les considérations théoriques prouvant l’ineptie des concepts analytiques comme « Etat voyou » (rogue state) ou « Etat en faillite » (failed state).  Je ne démontrerai pas non plus que le caractère « voyou » ou la « faillite » de l’Etat congolais date de l’« âge d’or » du régime Mobutu. Je me limiterai ici à faire remarquer que si l’on met côte à côte la RDC, l’Irak, Haïti, la RCA, le Liban, la Palestine, la Somalie et le Tchad, il est clair que cette mort annoncée prendrait toutes les allures de la déclaration de Mark Twain lorsqu’on lui rapporta qu’un journal avait annoncé sa mort : « La nouvelle de ma mort prématurée était fortement exagérée ». Comme quoi : l’Etat congolais est bien vivant. Comparativement… Et même « mort », il est condamné, comme le Roi de l’Ancien Régime, à revivre dans une quelconque nouvelle personnification : L’Etat est mort, vive l’Etat !

Faisons aussi remarquer qu’une intertextualité des graffitis du Prophétator fait profiler une constante : la RDC d’un côté (ce qu’il appelle son « peuple ») et le reste satanique du monde entier de l’autre (ce qu’il appelle la « communauté internationale »). Il s’interpose entre les deux pour essayer d’empêcher toute interaction entre eux—sans autre médiation que lui-même. C’est là la méthode privilégiée des leaders des sectes qui, pour mieux contrôler les victimes de leur arnaque, coupent les ponts entre les membres de leurs sectes et le cercle familial ou d’amis de leurs adhérents. Mobutu, à un moment de son règne, avait essayé ce contrôle biopolitique absolu du « peuple zaïrois ». Aujourd’hui, Kim Jong-Il, dictateur et fils de dictateur, a transformé sa nation en une immense secte. Modèle théorique à n’en pas douter que gamberge le Prophétator pour la RDC…   

Soit…

Mais considérons la thèse du Prophétator dans sa dernière production. Selon lui, on devrait figer la RDC dans une Transition politique interminable et ne pas organiser d’élections jusqu’à la réalisation des 5 préalables suivants : 1) la pacification du pays ; 2) la réunification du territoire national ; 3) la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national ; 4) la formation d’une armée nationale restructurée et intégrée ; et 5) la réconciliation nationale.

Encore une fois, toute participation « agentielle » du peuple congolais est éliminée d’un trait de la plume dorée du Prophétator. On met le peuple sur le pourtour de l’action pendant que le Prophétator procède à la pacification du pays, la réunification du territoire, la restauration de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, la formation d’une armée nationale restructurée et intégrée et la réconciliation nationale. On afficherait sur la porte de l’étude du Prophétateur : « Silence, je pense pour vous ! » Il y a un terme pour ce genre de gouvernement en sciences politiques : le despotisme éclairé… Au fait, le Prophétator est éclairé par Dieu lui-même, au point qu’il n’a pas besoin de faire une démonstration raisonnée de ses élucubrations délurées. Il nous le dit dans la conclusion de son pamphlet : « Mais avec Dieu nous ferons des exploits ! » Devrait-il se laisser damer le pion par la secte Bundu dia Kongo ?

Le lecteur ou la lectrice qui s’attend à une exposition systématique de ces 5 points devant le bureau de notre despote éclairé déchante très vite. Le Prophétator l’aura fait poireauter… Le lecteur ou la lectrice se voit plutôt offrir slogan après slogan sans fil conducteur précis—ce que la langue anglaise si riche en mots appelle « sloganeering ». A côté de ces slogans, le Prophétator offre au lecteur ou à la lectrice des anecdotes sur la RDC tirées de sa lecture du jour du tabloïde belge « La Dernière Heure » ! Voilà la blague qui passe pour l’analyse politique dans nos milieux congolais soi-disant « intellectuels »…

Passons en revue sans nous attarder sur les conditions sine qua non préalables à l’organisation des élections en RDC :

1) Pacification—faisons remarquer au Prophétator que cette quête est encore élusive même pour un Etat aussi formidable qu’Israël, qui organise pourtant élections après élections.

2) La réunification du territoire national—encore une fois, raisonnons par l’absurde : l’Allemagne a réalisé cette réunification sous nos yeux, après quarante ans de séparation ; et l’Allemagne est pourtant une grande nation qui organise des élections.

3) La restauration de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national—devrait-on rappeler au Prophétator que sous Mobutu de vastes étendues de Fizi-Baraka étaient sous le contrôle des forces de Mzee Kabila ou qu’aujourd’hui le contrôle du territoire national pour des entités étatiques comme l’Irak est inexistant jusqu’en plein cœur de la capitale ? Et pourtant l’Irak organise des élections.

4) La formation d’une armée nationale restructurée et intégrée—doit-on aussi encore une fois tirer le Prophétator de son amnésie et lui rappeler que si ce processus avait commencé sous Mobutu, qui avait mis sur pied une armée non-intégrée de Ngbandis et de Ngbakas, les forces de Mzee Kabila n’auraient pas déchu l’Aigle de Kawele ?

5) La réconciliation nationale—sans élections, sans participation du peuple !

Si on comptabilise le nombre d’années que le peuple devrait attendre pour voir ce beau projet de Nganda se réaliser, on arrive très vite à une période époustouflante d’un siècle d’attente oiseuse. Soyons donc sérieux !....

Or il se fait que sur le terrain, on n’a pas respecté les préalables du Prophétator. Des élections ont été organisées, proclamées et une nouvelle administration investie. Miracle de Dieu peut-être : on prend le pouls de l’Etat que le Prophétator déclare mort et on enregistre avec étonnement un battement sous nos doigts ! Mais trêve de sarcasme. Demandons plutôt au Prophétator de nous fournir des solutions pratiques pour résoudre cette terrible « imposture » ou « aberration » médicale qui se déroule en RDC. En termes clairs, quel est le traitement de choc qu’il propose pour corriger la terrible faute historique des élections prématurées en RDC ? Sa solution a une limpidité magistrale : «Les faits sont dorénavant clairs, le processus de la Transition a échoué lamentablement ; et le remède miracle des élections bâclées et truquées imposées par les protecteurs et les complices des occupants de notre pays vient aussi d'échouer lamentablement. Il n'y a ni légalité dans ces élections imposées, ni existence d'un Etat digne de ce nom ! Dieu vient de confondre les puissants de cette terre dans leur folie des grandeurs ! »  Amen ! Il y a une belle expression chez nous pour qualifier quelqu’un habitué à proférer des déclarations sans tête ni queue de ce genre : « Moto wa ligboma ! »    

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03 août 2007

BLOG CDF/FDC : REPAIRE DE MENTEURS ET DE FAUSSAIRES

LAVER LA TETE D’UN SINGE, C’EST GASPILLER DU SAVON

 Un post pondu par un illettré fonctionnel insomniaque et intitulé « Alerte : Les Kabilistes établissent leurs stratégies propagandistes destinées à la diaspora européenne » (prière de suivre le lien pour lire ce navet) est censé être un « Rapport confidentiel au Camarade Diemo Cikez [sic], Ministre de la défense et SG honoraire du PPRD ». Le soi-disant « rapport » est si primaire et si truffé de fautes d’orthographe et si plein de contresens que, sans être membre du PPRD ou d’aucun parti politique, je me suis permis d’y réagir et d’y apposer mon commentaire dubitatif à la fin de ce post—comme il se doit dans un espace présumé d’expression libre et démocratique. Or le modérateur du site, pris dans son mensonge, efface précipitamment le commentaire que j’ai posté—de peur de se voir exposé comme affabulateur. Puisqu’il me prive du privilège du débat contradictoire sur son site, je reprends ci-dessous les points principaux que j’ai avancés pour établir le caractère mensonger de son « rapport ».

J’ai commencé par lui rappeler que bien que n’étant point membre d’aucun parti politique, ma sympathie va naturellement dans la direction générale du Raïs pour la simple raison que je suis Boyomais et, partant, de sensibilité lumumbiste !

Je lui ai ensuite présenté mon argumentaire doutant de la véracité du document, dont voici la substance :

1) Je connais les cadres du PPRD, ils sont généralement mieux formés que l’idiot qui a rédigé ce papier plein de congolismes du genre « josephiste » (répété par cinq fois dans le texte) ou « à l’aide de quel » ; et contenant des contresens du genre « diaspora nourricière et très amadouée de notre population » sans vérifier dans un dictionnaire que le verbe transitif « amadouer » signifie « flatter quelqu’un de façon à le rendre favorable ; apaiser ». S’il entend par cette phrase scabreuse qu’il est flatté par les Congolais, grande sera sa désillusion lorsqu’il débarquera à Kinshasa…  

2) La stratégisation est faite par des activistes mobilisateurs de la base et n’est donc pas du ressort d’un Ministre de la Défense, écrasé par les lourdes tâches de ses fonctions.

3) Le document n’a rien d’un « rapport » puisqu’il est dénué de toute stratégisation pragmatique.

4) Aucun cadre du PPRD en pleine jouissance de ses fonctions mentales normales ne perdrait son temps à essayer de débattre rationnellement avec les zélateurs virulents de la secte ethno-fasciste du Prophétator. C’est comme si l’on voulait faire voir à un maboul de la secte Bundu dia Kongo qu’il appartient à une entité appelée nation congolaise. Comme l’avaient si bien chanté les Zaïko : « Laver la tête d’un chien, c’est gaspiller du savon ». Les zélateurs du culte du cargo du Prophétator étant des « hooligans » et des « goons » provenant des bas-fonds de leurs villages s’expriment par grognements inarticulés et des torgnoles—comme celles administrées à She Okitundu à Londres.

Ces malabars sont ainsi passés maîtres dans l’art de monter des bateaux cocasses de ce genre aux Congolais—dans la pure tradition des photomontages du Prophétator.

C’est vraiment pitié…

Posté par Alex Engwete à 11:45 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2007

RDC: LES SEPT BOULES DE CRISTAL

Journalistes, analystes, intervenants dans les débats, politiciens et « parlementaires debout » congolais ont la terrible manie de prendre leurs vessies pour des lanternes. Au fait, au Congo,tout le monde est devenu politicien ou politologue et l'on y va de sa petite analyse. Ce qui est étrange, car on se rend bien compte de la complexité des questions sociopolitiques et on s’accorde qu’il n’est pas donné au premier venu de foncer ainsi tête baissée dans l’action ou les commentaires politiques. On pourrait blâmer cette prolifération de talents politiques sur la persistance du Prophétator qui a fait découvrir aux marchands de rumeurs qu’il suffisait de répéter sans désemparer un mensonge pendant un bon bout de temps pour qu’il se métamorphose avec un seul claquement des doigts en fait patenté. Si notre mentalité s’accommode si vite des contre-vérités, pour des ressortissants des autres cultures qui nous côtoient, nous lisent ou nous entendent, notre univers mental leur apparaît étrangement comme un univers totalement surréel et décalé—flottant dans les nues, sans emprise aucune sur le réel. Prenez par exemple ces hooligans du site internet Les Témoins de la Guerre qui ont obtenu je ne sais comment mon adresse email et me bombardent régulièrement avec leurs messages. L’un des derniers messages postés sur leur site est intitulé Kabila promet des concessions de mines au Prince koweitien et contre 1,5 milliards de dollars américains ! (On vient de m'informer que c'est en fait un navet repris du site de l'APARECO--tant mieux, ceci vaudra tout aussi bien pour le Prophétator). La légèreté des accusations à l’endroit des personnalités koweitiennes et du Président Joseph Kabila sont telles qu’on se demande si l’on peut encore « changer cette mentalité » qui semble s’être profondément enracinée à tous les niveaux, jusque même dans les hautes institutions officielles de la République. Mon indignation était si forte que je n’ai pas résisté à commenter ce pur produit d’un cerveau malade dans l’espoir de le tirer de ce délire schizophrénique. Ce commentaire pourrait aussi servir de canevas de travail à nos journalistes des bas-fonds qui pondent des articles dans des ngandas et des malewas—nos journalistes qui ne savent pas faire la différence entre un éditorial et un article d’investigation. Voici mon commentaire légèrement modifié.


Les Sept Boules de Cristal   

Le principe de base du journalisme d’investigation est le suivant : pour qu’une allégation contenue dans une histoire devienne « factuelle », il faut qu’elle soit prouvée tout au moins par deux sources indépendantes fiables. Dans le cas que vous présentez à notre consommation, il faudra en plus présenter des copies des documents écrits officiels des virements bancaires ou administratifs que vous alléguez. Or vous avancez plusieurs allégations dans l’espoir fou que le lecteur puisse se les approprier comme « faits ». Une alternative à cette démarche, qui en fait revient à la même approche d’établissement des faits dans le journalisme d’investigation, consiste à répondre de manière exhaustive aux 6 conditions que les journalistes anglo-saxons appellent les 5 « W » et un « H » (Where, Who, When, What, Why, How—certains préfèrent même parler des 6 « W » en forçant l’orthographe du « how » de la manière suivante : « (W)how »).   
On peut par exemple battre en brèche le tissu de mensonges cousus de fil blanc que vous nous présentez comme des « faits » en considérant l’espace d’un instant comment vous répondez à l’un des « W »---je prends ici un aspect de votre « Why » (le pourquoi). Selon vous, l’un des mobiles du « bradage » des ressources auquel se livrerait Joseph Kabila est de  «trouver des fonds nécessaires devant l’aider à lancer une opération de charme dans la direction du peuple congolais, en déclenchant rapidement des actions sociales d’éclat qui lui attireraient la faveur d’un peuple de plus en plus hostile et menaçant ».
En écartant la supposition que vous avez sept boules de cristal qui vous permettent de percer avec une clarté aussi térébrante les intentions de Joseph Kabila et de ses « amis », le premier venu s’aperçoit tout de suite que le mobile que vous leur prêtez est en fait noble, puisque cet argent servirait au final au peuple congolais par la mise en œuvre des « actions sociales d’éclat ».
Ne sentez-vous pas que si l’on s’appesantissait sur ce seul aspect, votre navire tanguerait déjà dangereusement dans l’océan en tourmente de vos mensonges ? Un autre aspect complémentaire de votre « why » nous pousse à vous conseiller charitablement de choisir entre « bradage » et « prêt ».  Le bradage présuppose que l’argent disparaîtrait dans le trou noir des chambres fortes d’une mafia alors que prêt entraîne nécessairement paiement à terme au créancier.
J’arrête là ma critique et je tire ma conclusion.
Vous voyez donc que votre navet ne réussit pas au premier test décisif de l’un des « W » et un rédacteur en chef responsable en ferait une belle boule de papier et l’enverrait—en mimant le mouvement d’un basketteur de la NBA—directement au panier de son bureau. Vous aviez peut-être l’intention de rédiger un scénario de téléfilm. Mais je vous dis tout de suite que votre scénario est improbable et donc mauvais. Puisque vous n’êtes pas scénariste, vous êtes donc l’un de ces « parlementaires debout » qui hantent nos ngandas et nos malewas de Matonge après s’être époumonés sur la Place Victoire.

Posté par Alex Engwete à 10:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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