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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

05 novembre 2007

CISSA Workshop in Kigali (Rwanda) : A buzzing beehive

In August 2004, in Abudja, Nigeria, was created the last-born of the bureaucracies of the African Union---an already budget-gouging and unsustainable structure of impoverished African countries---called “Committee of Intelligence and Security Services of Africa (CISSA). This bureaucracy, like other African Union bureaucracies, is afflicted with expensive punctual annual conferences, with a myriad of workshops in-between, during which delegates from member countries live at the expense of their governments for a week. To this day, this newly-born bureaucracy is at its 4th annual conference held in June of this year in Khartoum, Sudan, under the purring theme of “Towards Enhanced stability, peace, and security in
Africa.”
A theme that shows that African intelligence services are just as out-of-touch with reality as their governments. One wonders indeed how in the daily practice of intelligence-gathering such broad theme could have a pragmatic intelligence application. Like any other African Union bureaucracies, CISSA boasts an annual roving presidency. And this year, as if to mock the victims of the Darfur conflict, the head of Namibian intelligence service yielded with pump CISSA presidency to his Sudanese counterpart!
This week, starting this Monday November 5 and during five days, within this framework of CISSA, a “technical” workshop of representatives of African intelligence services is being held in Kigali, the capital of Rwanda. In keeping with CISSA custom, the workshop chose to not deal with pressing issues of continental integration and cooperation in intelligence---like the issue of the articulation of CISSA to the Trans-Saharan Counter-Terrorism Initiative (TSCTI) or the request by Algeria of the integration of CISSA within the organization chart of the African Union, a mechanism that would ensure it functions without political interference by member states. Now, it’s this very political interference that seems to be at work this week in Kigali with a workshop whose theme, once more devoid of any pragmatic sense, is “Genocide ideology”---the subject the Rwandan government rides to death in its dealings with its opposition, and for which it got some flak this past week from Amnesty International. This infamous “genocide ideology” is indeed a kind of boogeyman the dictatorial regime of Rwanda conjures up time and again when it wants to repress Rwandan civil society. What do African intelligence services want to practically achieve with such a theme? The concerted muzzling of African civil society by the various national intelligence services? Or should this meeting just be considered as another one of those African conferences at which extra-mural shopping sprees are the most memorable activity of the participants?
The theme of this workshop in Kigali and the five days that the various national delegations will spend there are a blatant hijacking of the meager resources of the African Union and risk transmogrifying CISSA into a buzzing beehive with little grip on intelligence and security realities.

Posté par Alex Engwete à 22:19 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Kigali : L’Atelier du Comité des Services de Renseignement et de Sécurité Africains (CISSA) : Un gaspillage des ressources

C’est en août 2004 à Abudja, au Nigéria, que fut créée la dernière-née des bureaucraties de l’Union Africaine---déjà budgétivore pour les pays pauvres du continent---appelée « Comité des Services de Renseignement et de Sécurité Africains », mieux connu sous son sigle anglais CISSA. Cette bureaucratie s’illustre par des conférences annuelles ponctuelles durant lesquelles les délégués vivent aux frais de la princesse pendant une semaine. A ce jour, cette bureaucratie est à sa 4ème conférence tenue au mois de juin de cette année à Khartoum, au Soudan, sous le thème ronronnant de : « Vers une amélioration de la stabilité, de la paix et de la sécurité en Afrique ». Un titre qui montre combien les services de sécurité africains sont tout autant décalés par rapport à la réalité que leurs gouvernements. On se demande en effet comment dans la pratique quotidienne des activités de renseignement une telle question pourrait avoir une application pragmatique. Comme toutes les bureaucraties de l’Union Africaine, le CISSA a une présidence annuelle par rotation. Et cette année, comme pour se moquer des victimes du Darfour, le chef des services secrets namibiens a cédé la présidence du CISSA à son homologue soudanais !  

Cette semaine, à partir de ce lundi 5 novembre et pendant cinq jours, dans le cadre du CISSA, un atelier des représentants des services de sécurité africains se tient à Kigali, au Rwanda. Assez bizarrement, cet atelier, choisit de ne pas plancher sur des questions techniques pressantes d’intégration des services de renseignement---comme celle de l’articulation du CISSA à l’« Initiative Transsaharienne de Contreterrorisme » (TSCTI) ou celle réclamée par l’Algérie de l’intégration du CISSA au sein de l’organigramme de l’UA pour le rendre imperméable aux interférences politiques. Or c’est cette interférence politique qu’on voit à l’œuvre cette semaine à Kigali avec un atelier dont le thème, encore une fois dénué de tout pragmatisme, est « L’idéologie du génocide »---le cheval de bataille du gouvernement rwandais qui lui a encore valu il y a quelques jours les quolibets d’Amnesty International. Cette fameuse « idéologie du génocide » est en effet une sorte de croquemitaine passe-partout que le régime dictatorial rwandais agite ponctuellement lorsqu’il veut réprimer la société civile rwandaise. Que veut-on en pratique réaliser avec des thèmes pareils ? Le musèlement de la société civile africaine par les différents services de renseignement nationaux ? Ou doit-on plutôt considérer cette réunion comme l’une de ces conférences au cours desquelles le shopping extra-muros est l’activité la plus mémorable des participants ?

 Le thème de cet atelier et les 5 jours qu’y passeront les différentes délégations nationales sont un véritable détournement des maigres ressources de l’Union Africaine et risquent fort bien de rendre le CISSA une ruche pleine de bourdonnements sans aucune emprise sur le réel.  

Posté par Alex Engwete à 19:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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