05 novembre 2007
CISSA Workshop in Kigali (Rwanda) : A buzzing beehive
In August 2004, in
Africa.” A theme
that shows that African intelligence services are just as out-of-touch with
reality as their governments. One wonders indeed how in the daily practice of
intelligence-gathering such broad theme could have a pragmatic intelligence application.
Like any other African Union bureaucracies, CISSA boasts an annual roving
presidency. And this year, as if to mock the victims of the
This week, starting this Monday November 5 and during five
days, within this framework of CISSA, a “technical” workshop of representatives
of African intelligence services is being held in
The theme of this workshop in Kigali and the five days that
the various national delegations will spend there are a blatant hijacking of
the meager resources of the African Union and risk transmogrifying CISSA into a
buzzing beehive with little grip on intelligence and security realities.
Kigali : L’Atelier du Comité des Services de Renseignement et de Sécurité Africains (CISSA) : Un gaspillage des ressources
C’est en août
2004 à Abudja, au Nigéria, que fut créée la dernière-née des bureaucraties de l’Union
Africaine---déjà budgétivore pour les pays pauvres du continent---appelée « Comité des Services de Renseignement
et de Sécurité Africains », mieux connu sous son sigle anglais CISSA.
Cette bureaucratie s’illustre par des conférences annuelles ponctuelles durant
lesquelles les délégués vivent aux frais de la princesse pendant une semaine. A
ce jour, cette bureaucratie est à sa 4ème conférence tenue au mois
de juin de cette année à Khartoum, au Soudan, sous le thème ronronnant de :
« Vers une amélioration de la
stabilité, de la paix et de la sécurité en Afrique ». Un titre qui
montre combien les services de sécurité africains sont tout autant décalés par
rapport à la réalité que leurs gouvernements. On se demande en effet comment
dans la pratique quotidienne des activités de renseignement une telle question
pourrait avoir une application pragmatique. Comme toutes les bureaucraties de l’Union
Africaine, le CISSA a une présidence annuelle par rotation. Et cette année,
comme pour se moquer des victimes du Darfour, le chef des services secrets
namibiens a cédé la présidence du CISSA à son homologue soudanais !
Cette semaine, à
partir de ce lundi 5 novembre et pendant cinq jours, dans le cadre du CISSA, un
atelier des représentants des services de sécurité africains se tient à Kigali,
au Rwanda. Assez bizarrement, cet atelier, choisit de ne pas plancher sur des
questions techniques pressantes d’intégration des services de
renseignement---comme celle de l’articulation du CISSA à l’« Initiative Transsaharienne de Contreterrorisme » (TSCTI)
ou celle réclamée par l’Algérie de l’intégration du CISSA au sein de l’organigramme
de l’UA pour le rendre imperméable aux interférences politiques. Or c’est cette
interférence politique qu’on voit à l’œuvre cette semaine à Kigali avec un
atelier dont le thème, encore une fois dénué de tout pragmatisme, est « L’idéologie du génocide »---le
cheval de bataille du gouvernement rwandais qui lui a encore valu il y a quelques
jours les quolibets d’Amnesty
International. Cette fameuse « idéologie
du génocide » est en effet une sorte de croquemitaine passe-partout
que le régime dictatorial rwandais agite ponctuellement lorsqu’il veut réprimer
la société civile rwandaise. Que veut-on en pratique réaliser avec des thèmes pareils ?
Le musèlement de la société civile africaine par les différents services de
renseignement nationaux ? Ou doit-on plutôt considérer cette réunion comme
l’une de ces conférences au cours desquelles le shopping extra-muros est l’activité
la plus mémorable des participants ?
Le thème de cet atelier et les 5 jours qu’y
passeront les différentes délégations nationales sont un véritable détournement
des maigres ressources de l’Union Africaine et risquent fort bien de rendre le
CISSA une ruche pleine de bourdonnements sans aucune emprise sur le réel.


