03 juin 2008
Sortie à Boston : D-Day; moments fugaces ; virée nocturne; John Lennon
Jeudi matin, j’ai
pris le train « Acela », la version américaine du TGV, à Union
Station à Washington, DC, à destination de Boston. Acela n’a du TGV que la
beauté fluide de la forme aérodynamique mais point la vitesse. Entre Union
Station de Washington, DC, à South Station à Boston, cinq bonnes heures de
voyage. Mais j’aime aussi ce train de jour, pas le « Night Owl »,
type de train ringard roulant de nuit et plus lent que Acela, que je prenais
pour me rendre à New York quand j’habitais Cambridge. J’aime aussi le confort relatif d’Acela—fauteuils
moelleux bleus, espaces dégagés pour allonger les jambes et des prises pour
brancher les ordinateurs portables (il y a bien un service WI-FI, auquel je n’ai
malheureusement pu me connecter… En 2005, j’ai fait un aller-retour par TGV
entre Paris et Montpellier—c’était vraiment agréable. Et, encore une fois, à l’aller
comme au retour, c’était de jour… l’occasion de voir le terroir français. Ici,
ce sont plutôt des entrepôts de carburant et d’autres structures industrielles
qui longent la voie ferrée—bien qu’il y ait par moments des vues prenantes.
La raison de ma
sortie à Boston ? Le vendredi 30 mai, Elikia (photo ci-haut), ma fille, allait recevoir
son diplôme du secondaire, jour que j’appelle « D-Day » (Diploma-Day).
Mais il y avait déjà le soir du jeudi même de mon arrivée un dîner des parents
et une cérémonie solennelle pour honorer les finalistes (« seniors) à la
Chapelle de l’école. Ce qui m’a impressionné au cours de cette soirée, à part
les talents parmi les finalistes (guitaristes, drummers, joueuse de lyre,
violonistes, et j’en passe), c’était l’adresse de Jacob A. Dresden. Intitulée « Trois
Médiations de Marc Aurèle », elle était un exercice sobre de rhétorique—ancrée
dans la vie de l’orateur et projetée sur toute la promotion des finalistes.
Le vendredi « D-Day »,
j’étais pris de court par ma fille. Disposant d’un petit compte bancaire (alimenté
par sa mère), elle a commandé une robe courte blanche de 150 dollars, dont le
dos montrait son soutien gorge de dentelle noire, et s’était présentée à la
cérémonie nus pieds ! Je n’avais pas remarqué cette rébellion
vestimentaire lors de la remise des diplômes parce que j’étais noyé dans l’assistance
nombreuse et je n’ai vu que le buste d'Elikia lorsqu’elle s’est levée pour recevoir son
diplôme. Je n’ai remarqué cet outrage vestimentaire qu’au « quad »,
la cour de l’école, quand elle est allée prendre une collation avec ses
cousines… Serais-je donc le premier à lui jeter la pierre alors que je m’étais moi-même
présenté à la cérémonie habillé de jean, t-shirt et veste ?... Yves
Saint-Laurent aurait en tout cas « signé » l’apparition de ma fille—quel
culot !
J’ai aussi
profité de ce week-end pour revoir Cambridge, entrevoir en passant des
individus qui sont comme des lampadaires de mon ancien quartier (comme David,
artiste curieux que j’ai toujours vu crayonner des moments fugaces de la vie à
longueur de journée), passer un bon moment avec des copains et des copines—dont
Andrea Gillis, la serveuse du « Plough & Stars », qui s’y était justement
produite vendredi soir avec son nouveau groupe de rock. Mais j’ai aussi subi d’autres
copains qui m’ont littéralement enlevé pour une nuit blanche avec bière,
spiritueux (auxquels je n’ai pas goûté) et de la bière (que j’ai bue
abondamment)…




