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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

30 juillet 2008

Arnaques au Congo

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J’ai toujours été d'avis que le « développement » des pays du sud, particulièrement de la RDC, ne passera jamais par la Banque Mondiale ou le FMI. Et le lien que m’envoie une amie sur le rapport du 30 juillet 2008 de l’ONG britannique Greenpeace  intitulé « Arnaques au Congo » ne fait que renforcer mon préjugé sur ces institutions financières internationales. Selon ce rapport, les forêts des deux Congo sont mises en coupe réglée par certaines multinationales européennes avec la bénédiction de la Banque Mondiale. Le rapport complet en fichier PDF est également disponible met en lumière un système sophistiqué d’arnaque avec blanchiment d’argent dans des banques offshores. Voici ce que dit par exemple cet extrait de la « synthèse exécutive » de ce rapport : « Cette nouvelle enquête révèle aujourd’hui un autre aspect caché de l’exportation des ressources forestières de la RDC et de sa voisine la

République du Congo. En effet, des documents internes d’entreprise, obtenus par Greenpeace International, démontrent comment le Groupe Danzer, exploitant forestier multinational basé en Suisse et à capitaux allemands, l’un des acteurs majeurs sur le marché du bois congolais, utilise un système élaboré de blanchiment des profits, consistant à transférer ses revenus sur des comptes offshore en dehors d’Afrique. Le Groupe Danzer semble ainsi se livrer à des pratiques d’évasion fiscale dans les pays où opèrent ses filiales.

Des preuves ont également été découvertes de l’existence d’autres méthodes discutables, utilisées par le Groupe pour minimiser son exposition fiscale dans ces pays ».

Par « exposition fiscale » on entend les taxes que cette multinationale devrait payer aux deux Etats congolais (je ne parle même pas ici de la pacotille qu’on donne aux ruraux en échange à l’accès à leurs forêts, comme l’illustre si bien les dessins animés ci-dessous qui accompagnent le rapport de Greenpeace). Face à cette mascarade orchestrée par la Banque Mondiale, qu’on ne s’étonne donc pas que les institutions financières occidentales voient d’un mauvais œil la diversification de partenariat que cherchent certains pays africains—comme la RDC, avec son nouveau « deal » avec la Chine pour le développement des infrastructures.

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28 juillet 2008

Déclaration de la mission des services du FMI en République démocratique du Congo

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Déclaration de la mission des services du FMI en République démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 08/182 (F)
Le 28 juillet 2008

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Brian Ames, a séjourné à Kinshasa du 18 au 29 juin.

La mission a rencontré le Ministre des finances, Athanase Matenda Kyelu, le Ministre du budget, Adolphe Muzito, le Ministre des infrastructures, des travaux publics et de la reconstruction, Pierre Lumbi, le ministre des mines, Martin Kabwelulu, le Gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu, et d'autres hauts responsables de l'État. La mission a évalué l'état d'avancement de la mise en œuvre du programme économique du gouvernement pour 2008. Elle a aussi examiné les effets de la poussée des prix des produits alimentaires et pétroliers sur l'économie congolaise et s'est penchée sur l'accord de coopération récemment signé par le pays avec un consortium de sociétés chinoises au sujet de plusieurs grands projets dans le secteur minier et les infrastructures.

La mission a publié la déclaration suivante aujourd'hui à Kinshasa :

«À la fin mai, la mise en œuvre du programme économique du gouvernement était satisfaisante. Le resserrement des politiques monétaire et budgétaire en début d'année a contribué à atténuer les pressions sur le taux de change et les pressions inflationnistes résultant des dérapages budgétaires de la fin 2007. Toutefois, la répercussion de l'envolée des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires a entraîné une accélération de l'inflation à partir de la fin avril. La mission a examiné le projet gouvernemental de réduction temporaire des droits d'importation de certains produits alimentaires, dont l'objectif est d'atténuer les effets de la hausse des cours mondiaux sur les pauvres. À l'avenir, il sera important de mettre en œuvre des politiques monétaire et budgétaire prudentes pour pérenniser la stabilité macroéconomique que la population congolaise appelle de ses vœux.

«La mission s'est entendue avec le gouvernement sur un ensemble de politiques macroéconomiques révisées et de réformes structurelles pour le reste de l'année 2008. Le programme gouvernemental révisé vise à parvenir à une croissance économique de 10 % grâce à des résultats meilleurs que prévu dans le bâtiment et les travaux publics, ainsi que dans le secteur tertiaire. Le resserrement de la politique monétaire devrait permettre de contenir le taux d'inflation annuel aux alentours de 24 %. Selon les objectifs retenus, les réserves de change de la Banque centrale devraient atteindre au minimum 200 millions de dollars EU à la fin de l'année. La mission a souligné la nécessité de relancer le programme de réformes structurelles, notamment dans le domaine de la gestion des finances publiques et en matière de politique et d'administration fiscales.

«La mission a appuyé le double objectif du gouvernement consistant à accélérer la reconstruction des infrastructures nationales, qui se trouvent dans un état de délabrement, et à obtenir un allégement de dette substantielle de la part des créanciers extérieurs du pays. L'accord de coopération récemment signé avec les entreprises chinoises pose, au sujet de la dette publique et de sa viabilité, des questions précises auxquelles il faudra répondre pour conclure les discussions sur un nouvel accord au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) du FMI. L'achèvement de l'étude de faisabilité avant la fin de l'année devrait permettre d'éclaircir ces questions et donner au gouvernement l'occasion de faire en sorte que ses deux objectifs soient compatibles. Dans le même temps, les services du FMI continueront de suivre la mise en œuvre du programme économique du gouvernement.

«Les membres de la mission tiennent à remercier les autorités pour l'accueil chaleureux qu'elles leur ont réservé et l'excellent esprit de coopération dont elles ont fait preuve durant la visite»

 

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16 juillet 2008

Kabila à Paris : un voyage pour rien

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Le président de la république est passé à l’Elysée ce mercredi 16 juillet à 15 h (heure de Paris) pour un entretien, selon l’Elysée, « sur la situation intérieure en RDC ainsi que sur les relations bilatérales et les principales crises du continent africain » (photo officielle de l’Elysée ci-haut).  Si du côté congolais on s’attendait à l’appui de la France pour l’allègement de la dette qui étrangle le pays, on devait vite déchanter car le président français, s’érigeant en donneur de leçon, a fait savoir à son homologue congolais qu’on ne pouvait pas « solliciter de nouveaux prêts… sans tenir compte de se désendetter par ailleurs »—référence selon la dépêche de l’Associated Press,  au « prêt de 8,5 milliards de dollars » accordé par Pékin et « gagé en partie sur les ressources minières du pays, alors que le FMI tentait parallèlement de convaincre le Congo de se plier à des mesures d'assainissement de ses finances publiques  » . Rappelons ici que selon Africa Confidential le Produit Intérieur Brut (PIB) est de l’ordre de 7 milliards 7 millions USD et la dette extérieure à la hauteur de 9 milliards 400 millions USD (sans compte les services mensuels sur cette dette). La voix de Thomas Sankara qui sommait les dirigeants africains de se libérer arbitrairement de leurs soi-disant dettes résonne d’outre-tombe !

Dans le même temps, comme pour ajouter l’insulte à la blessure, selon l’expression anglaise, l’ONG française « Reporters sans frontières » a confronté le président congolais avec une lettre relayant les inquiétudes de l’ONG congolaise « Journaliste en danger » qui se dit menacée par le PPRD. Voici d’ailleurs in extenso la lettre fantaisiste de l’ONG française qui s’est récemment illustrée par sa sortie intempestive contre la présence du président de la Syrie au défilé du 14 juillet à Paris :

« Monsieur Joseph Kabila
Président de la République
Palais de la Nation
Kinshasa-Gombe
République Démocratique du Congo

Paris, le 16 juillet 2008

Monsieur le Président,

Alors que vous allez entamer une visite officielle en France, Reporters sans frontières souhaite attirer votre attention sur la multiplication des menaces pesant sur l’organisation de défense de la liberté de la presse, Journaliste en Danger (JED), notre organisation partenaire en République Démocratique du Congo.

Le 7 juillet 2008, les responsables de JED ont reçu un e-mail anonyme, provenant de l’adresse patrie.pprdv@yahoo.com dénigrant l’organisation, et les menaçant de mort. « Voilà que tant des gens en ont payé le prix et cela peut être votre cas aussi n’importe quand surtout que nous sommes avec vous ici sans que vous nous identifiez. On l’aurait déjà fait si facilement, mais le moment viendra », avertissait le message. Une semaine plus tard, l’un d’eux a reçu un coup de téléphone d’intimidation du numéro suivant : +243 81 86 83 879, d’un homme se présentant comme l’auteur de l’e-mail du 7 juillet.

Journaliste en danger est pour nous un partenaire essentiel dans notre action pour la liberté de la presse. L’organisation a reçu le quinzième prix Reporters sans frontières - Fondation de France en 2006. Reconnue par la communauté internationale pour son indépendance et la rigueur de son travail, JED est un atout majeur pour votre pays et joue un rôle capital dans la transition dont vous avez la charge.

C’est pourquoi nous vous demandons de veiller à ce que les membres de JED soient protégés et de faire votre possible pour que cessent les menaces dont les responsables de JED sont victimes. Nous avons de fortes raisons de craindre que celles-ci ne se transforment en actes.

En septembre 2007, nous avions déjà exprimé notre exaspération et notre inquiétude devant les sérieuses menaces proférées à l’encontre de Donat M’Baya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi qui les avaient poussés à quitter momentanément le pays.

Dans l’espoir de voir notre requête prise en considération, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération,

Robert Ménard
Secrétaire général ».

Ces deux ONG croient-elles vraiment que si ces menaces provenaient réellement du PPRD elles auraient été faites avec un tel amateurisme ?

C’est à se demander ce que le président de la république est allé foutre à Paris !

Tout compte fait, la leçon à retenir de cette débâcle diplomatique c’est que le développement de la RDC ne passera plus ni par l’Occident ni par les institutions de Bretton Woods. Le pays se doit de se montrer créatif dans ce domaine et faire sien la devise du Mzee de la prise en charge de sa propre destinée. Mais à l’allure où vont les choses au pays, je suis pessimiste : il y a une frivolité criminelle de l’opposition politique qui, sans raison sérieuse, soit boycotte sa participation à l’Assemblée Nationale (elle vient de reprendre sa participation ce mercredi même) ou soit s’engage en exercices futiles d’interpellations à répétition des ministres tout en négligeant de légiférer !  

 

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10 juillet 2008

Funambulisme d’Obama et outrage de Jesse Jackson

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Le mois dernier, c’est Ralph Nader, dont l’entêtement à se poser en candidat indépendant à la gauche du Parti Démocrate aurait coûté à  Al Gore la Maison Blanche, qui tirait l’alarme sur les distances que prenait le Sénateur Obama vis-à-vis des préoccupations des Afro-américains. Et Ralph Nader n’y est pas allé de main morte : « Il n’y a qu’une seule chose caractérisant Barack Obama en sa qualité de candidat présidentiel démocratique. Il est à moitié Afro-américain. Que cela fasse une quelconque différence, je ne sais le dire. Je ne l’ai pas entendu fustiger l’exploitation économique dans les ghettos ; les prêts du jour de paie, les crédits prédateurs, l’amiante, le plomb. Qu’est-ce qui l’empêche de le faire ? Est-ce parce qu’il veut parler blanc? Il ne semble pas aimer Jesse Jackson? On verra ce que cela va donner dans les prochains mois et s’il est élu après ».

Comme on pouvait s’y attendre, ces propos de Ralph Nader ont causé un tollé général. Mais il était quand même difficile d’accuser Nader, Arabo-américain et grand défenseur des consommateurs américains, de racisme. Nader ne faisait qu’exprimer le malaise de nombreux progressistes américains devant le soudain recentrage des positions d’Obama après la défaite d’Hillary Clinton. Tant sur le retrait immédiat des troupes américaines d’Irak, sur la peine capitale que sur la législation autorisant les tables d’écoute sans aval judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme. Et plus récemment, l’appui donné par Obama au programme « basé sur la foi » ou de « compassion » de George Bush consistant à subsidier les œuvres caritatives des groupes religieux. Dans une église noire, le candidat démocrate a aussi tenu des propos alléguant le manque de responsabilité des Afro-américains qui n’assument pas pleinement leur rôle de pères de famille—discours de prédilection de ceux qui blâment les problèmes dans la communauté noire sur l’irresponsabilité des Afro-américains.     

Et dimanche passé, ce fut au tour du Révérend Jesse Jackson lui-même de réagir à ces dernières prises de position de Barack Obama. Le problème pour Jesse Jackson, c’est qu’il croyait murmurer son commentaire dans un studio de télévision de Fox News devant un micro éteint… Et c’est hier mercredi que Fox News a décidé de faire passer ce moment « off » enregistré du Révérend Jackson.

Qu’a donc dit le Révérend Jesse Jackson ?

Il a murmuré à l’adresse d’un autre commentateur afro-américain (photo) : « Cette façon qu’a Obama de donner des leçons aux noirs, cette histoire de programme basé sur la foi, j’ai envie de lui couper les couilles ! » 

Encore une fois, tollé général.

La réaction la plus cinglante venait du propre fils de Jesse Jackson, le Congressman Jesse L. Jackson Jr., co-président national de la campagne Obama : « Je suis profondément outragé et déçu par les déclarations inconsidérés du Révérend Jackson sur le Sénateur Obama ». Et le Révérend Jackson de se répandre en excuses abjectes...

On aurait voulu voir Jesse Jackson justifier tout au moins sa colère contre Obama, les excuses n’expliquant nullement le funambulisme d’Obama  ni les limites du programme de « compassion » clairement destiné à flatter l’électorat des fondamentalistes chrétiens. On aurait souhaité voir Jesse Jackson faire montre du même courage que Ralph Nader dont le florilège anti-Obama comprend des fleurons du genre : « Je pense que Barack Obama s’entraîne pour devenir flatteur-en-chef » ou « Il est bien clair qu’Obama est le candidat des corporations multinationales de A à Z ».

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09 juillet 2008

Un milliardaire américain avec un plan énergétique


La vidéo ci-haut fait partie d’une campagne publicitaire de 10 millions de dollars lancée le 8 juillet 2008 par le milliardaire américain T. Boone Pickens (photo ci-dessous), le PDG de la gestion alternative (Hedge Fund) BP Management. Comme on le voit en partie sur le clip, Pickens affirme que l’Amérique doit se défaire de sa dépendance pour le pétrole et qu’elle doit investir dans des énergies alternatives : énergie éolienne, solaire et gaz naturel. Le plan plus détaillé de Pickens se trouve sur le site web qu’il a créé à cet effet et qui a nom pickensplan.com.  

Ce plan fait déjà trembler les deux candidats à la Maison Blanche, surtout John McCain dont le plan énergétique est d’une simplicité désarmante : ouvrir l’aire protégée de l’Alaska et des rives océanes américaines pour l’exploitation pétrolière.

Plan que rejette T. Boone Pickens, républicain fieffé et grand supporter de Bush qui amorce ainsi soudainement un revirement inattendu.

T. Boone Pickens est en effet l’un des grands barons du pétrole. Il dit par exemple que les réserves mondiales du pétrole ont atteint et dépassé leur point de basculement. En d’autres termes, le pétrole fossile ne pourra plus jamais satisfaire les besoins énergétiques  toujours croissants du monde. Dans le cas particulier des USA, Pickens informe le public américain qu’à l’heure actuelle 700 milliards de pétrodollars changent de main par an à destination des pays du Golfe Persique et que dans une décennie ce chiffre pourrait atteindre le montant astronomique de 10 trillions de dollars, ce qui représentera « le plus grand transfert de richesse de l’histoire de l’humanité ». Or, le climat des Etats-Unis fait de ce fait pays « l’Arabie saoudite de l’énergie éolienne ». Cette source incroyable d’énergie se trouve principalement dans la région des Grandes Plaines des USA—en gros dans le corridor allant du Texas au Dakota du Nord.

L’investissement dans ce projet pharaonique demandera beaucoup d’argent : 1 trillion de dollars pour l’infrastructure de base et 200 milliards pour l’infrastructure de transformation et de distribution. Mais c’est un investissement fixe, comparé aux 700 milliards de dollars annuels aux pays de l’OPEP et aux compagnies pétrolières.  Et Pickens ne parle pas en l’air. L’une de ses compagnies, la « Mesa Power » construit à présent la plus grande ferme éolienne du monde au Texas.

Parallèlement à cette énergie éolienne, il y a le gaz naturel et d’autres biocarburants qui serviront pour les véhicules. Pickens donne même l’exemple de la voiture Honda Civic GX qui roule au gaz naturel.

Ce que dit ce grand pétrolier doit inquiéter et interpeller nos pays. Le Congo a des ressources en gaz naturel dans le Lac Kivu et les efforts devraient se centrer sur l’exploitation de cette ressource, parallèlement à l’exploitation du gaz dans le Lac Albert où l’Ouganda semble nous avoir déjà damé le pion avec des vautours des multinationales. Il y a le projet du Grand Inga que d’aucuns critiquent déjà pour son impact environnemental. La RDC ne pourra rien faire non plus de durable dans le domaine des biocarburants car personne ne laissera le pays entreprendre une déforestation à grande échelle car sa forêt tropicale humide est considérée comme l’un des poumons de la planète tout comme la forêt amazonienne. Le Brésil est d’ailleurs aujourd’hui très critiqué pour sa réorientation de la culture agricole vers une culture de production des produits devant servir de biocarburants.  Jean Ziegler, qui vient de terminer son mandat comme Rapporteur Spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, en avait d’ailleurs appelé à un moratoire sur la production des biocarburants car, selon lui, elle est partiellement à blâmer pour la flambée des prix des produits alimentaires.

Il est impératif que les décideurs africains sortent de leur léthargie et envisagent de nouvelles politiques énergétiques viables. L’avenir est sombre dans ce domaine. Et nos politiques sont sclérosées sur des modèles obsolètes.

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01 juillet 2008

Baton Rouge, Louisiane: Loi antiévolutionniste



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Le Gouverneur de l’Etat de la Louisiane, Bobby Jindal, a signé le 27 juin une loi appelée « L’Acte de l’enseignement de la science ». Cette loi, qui est passé au Sénat de l’Etat par 36 votes contre zéro, réglemente le programme d’études du primaire et du secondaire de la branche « science ». Cette nouvelle loi démontre la résilience de l’hydre religieuse américaine qui repousse dans ce cas une nouvelle tête pour remplacer celle qui a été décapitée par la Cour Suprême américaine en 1987. Cette année-là, la Cour Suprême des Etats-Unis statuait contre une loi de cette même législature de l’Etat de la Louisiane qui s’appelait « L’Acte du Créationnisme » qui interdisait purement et simplement l’enseignement de la théorie de l’évolution. En 2005, un conseil scolaire truffé de fous de Dieu, mais cette fois-ci de l’Etat de la Pennsylvanie, se voyait lui-aussi débouté par la Cour Suprême pour son injonction d’enseigner parallèlement à la théorie de l’évolution ce que ce conseil scolaire de mabouls appelait « le dessein intelligent »—le même « créationnisme » dans une nouvelle génération spontanée !

Lisons un moment ce nouvel Acte ridicule de la Louisiane dans sa partie pertinente :

« § 285.1. Enseignement de la science ; développement des aptitudes de la pensée critique

A. Cette section devra être connue et pourra être citée comme l’‘Acte de l’enseignement de la science de la Louisiane.

B. (1) Le Conseil Scolaire de l’enseignement du primaire et du secondaire, à la demande d’une ville, paroisse, ou d’un autre conseil scolaire public local, devra permettre et assister les enseignants, les directeurs d’écoles et d’autres administrateurs scolaires publics de créer et de promouvoir un environnement au sein des écoles primaires et secondaires publiques qui encourage les aptitudes de la pensée critique, l’analyse logique, et une discussion ouverte et objective sur les théories scientifiques étudiées, y compris, mais non limitées à/aux, l’évolution, les origines de la vie, le réchauffement de la planète et le clonage humain.

(2) Cette assistance devra inclure l’appui et l’orientation fournis aux enseignants sur les moyens efficaces pour aider les élèves à comprendre, analyser, critiquer et vérifier objectivement les théories scientifiques étudiées, y compris celles énumérées dans le Paragraphe (1) de cette Sous-section ».

Notons d’abord que l’homme qui a rédigé et proposé ce projet de loi est un démocrate, le Sénateur Ben Nevers de l’Etat de la Louisiane (photo ci-dessous). Les Démocrates dominent d’ailleurs le Sénat de la Louisiane (23 contre 15 Républicains, soit 58.97% contre 38.46%). On peut vérifier ces statistiques sur le site officiel du Sénat de la Louisiane. Comme je viens de l’écrire sur le site de « Marianne en ligne » dans un commentaire à l’article de Philippe Cohen intitulé « Obama pour la peine de mort. Mais chut ! », article qui s’étonne que la gauche française se taise devant la déclaration du candidat démocrate selon laquelle on peut imposer la peine de mort à un violeur d’enfant : « On peut appuyer Obama pour d'autres raisons, [mais] pas parce qu'il serait de la gauche, puisque son parti n'en fait pas partie ! »

Cette loi sera certainement par certains parents et des professeurs des sciences naturelles. Et le cirque de reprendre jusqu’au niveau de la Cour Suprême qui cassera à nouveau cette loi frivole !

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