30 juillet 2008
Arnaques au Congo
J’ai toujours été d'avis que le « développement » des pays du sud, particulièrement de la RDC, ne passera jamais par la Banque Mondiale ou le FMI. Et le lien que m’envoie une amie sur le rapport du 30 juillet 2008 de l’ONG britannique Greenpeace intitulé « Arnaques au Congo » ne fait que renforcer mon préjugé sur ces institutions financières internationales. Selon ce rapport, les forêts des deux Congo sont mises en coupe réglée par certaines multinationales européennes avec la bénédiction de la Banque Mondiale. Le rapport complet en fichier PDF est également disponible met en lumière un système sophistiqué d’arnaque avec blanchiment d’argent dans des banques offshores. Voici ce que dit par exemple cet extrait de la « synthèse exécutive » de ce rapport : « Cette nouvelle enquête révèle aujourd’hui un autre aspect caché de l’exportation des ressources forestières de la RDC et de sa voisine la
République du Congo. En effet, des documents internes d’entreprise, obtenus par Greenpeace International, démontrent comment le Groupe Danzer, exploitant forestier multinational basé en Suisse et à capitaux allemands, l’un des acteurs majeurs sur le marché du bois congolais, utilise un système élaboré de blanchiment des profits, consistant à transférer ses revenus sur des comptes offshore en dehors d’Afrique. Le Groupe Danzer semble ainsi se livrer à des pratiques d’évasion fiscale dans les pays où opèrent ses filiales.
Des preuves ont également été découvertes de l’existence d’autres méthodes discutables, utilisées par le Groupe pour minimiser son exposition fiscale dans ces pays ».
Par « exposition fiscale » on entend les taxes que cette multinationale devrait payer aux deux Etats congolais (je ne parle même pas ici de la pacotille qu’on donne aux ruraux en échange à l’accès à leurs forêts, comme l’illustre si bien les dessins animés ci-dessous qui accompagnent le rapport de Greenpeace). Face à cette mascarade orchestrée par la Banque Mondiale, qu’on ne s’étonne donc pas que les institutions financières occidentales voient d’un mauvais œil la diversification de partenariat que cherchent certains pays africains—comme la RDC, avec son nouveau « deal » avec la Chine pour le développement des infrastructures.
28 juillet 2008
Déclaration de la mission des services du FMI en République démocratique du Congo
Déclaration de
la mission des services du FMI en République démocratique du Congo
Communiqué de
presse n° 08/182 (F)
Le 28 juillet 2008
Une mission du
Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Brian Ames, a séjourné à
Kinshasa du 18 au 29 juin.
La mission a
rencontré le Ministre des finances, Athanase Matenda Kyelu, le Ministre du
budget, Adolphe Muzito, le Ministre des infrastructures, des travaux publics et
de la reconstruction, Pierre Lumbi, le ministre des mines, Martin Kabwelulu, le
Gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu, et d'autres hauts
responsables de l'État. La mission a évalué l'état d'avancement de la mise en
œuvre du programme économique du gouvernement pour 2008. Elle a aussi examiné
les effets de la poussée des prix des produits alimentaires et pétroliers sur
l'économie congolaise et s'est penchée sur l'accord de coopération récemment
signé par le pays avec un consortium de sociétés chinoises au sujet de
plusieurs grands projets dans le secteur minier et les infrastructures.
La mission a
publié la déclaration suivante aujourd'hui à Kinshasa :
«À la fin mai,
la mise en œuvre du programme économique du gouvernement était satisfaisante. Le resserrement des politiques monétaire
et budgétaire en début d'année a contribué à atténuer les pressions sur le taux
de change et les pressions inflationnistes résultant des dérapages budgétaires
de la fin 2007. Toutefois, la répercussion de l'envolée des prix mondiaux de
l'énergie et des produits alimentaires a entraîné une accélération de
l'inflation à partir de la fin avril. La mission a examiné le projet
gouvernemental de réduction temporaire des droits d'importation de certains
produits alimentaires, dont l'objectif est d'atténuer les effets de la hausse
des cours mondiaux sur les pauvres. À l'avenir, il sera important de mettre en
œuvre des politiques monétaire et budgétaire prudentes pour pérenniser la
stabilité macroéconomique que la population congolaise appelle de ses vœux.
«La mission
s'est entendue avec le gouvernement sur un ensemble de politiques
macroéconomiques révisées et de réformes structurelles pour le reste de l'année
2008. Le programme
gouvernemental révisé vise à parvenir à une croissance économique de 10 %
grâce à des résultats meilleurs que prévu dans le bâtiment et les travaux
publics, ainsi que dans le secteur tertiaire. Le resserrement de la politique
monétaire devrait permettre de contenir le taux d'inflation annuel aux
alentours de 24 %. Selon les objectifs retenus, les réserves de change de la
Banque centrale devraient atteindre au minimum 200 millions de dollars EU
à la fin de l'année. La mission a souligné la nécessité de relancer le programme
de réformes structurelles, notamment dans le domaine de la gestion des finances
publiques et en matière de politique et d'administration fiscales.
«La mission a
appuyé le double objectif du gouvernement consistant à accélérer la
reconstruction des infrastructures nationales, qui se trouvent dans un état de
délabrement, et à obtenir un allégement de dette substantielle de la part des
créanciers extérieurs du pays. L'accord de coopération récemment signé avec les entreprises chinoises
pose, au sujet de la dette publique et de sa viabilité, des questions précises
auxquelles il faudra répondre pour conclure les discussions sur un nouvel
accord au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la
croissance (FRPC) du FMI. L'achèvement de l'étude de faisabilité avant la fin
de l'année devrait permettre d'éclaircir ces questions et donner au
gouvernement l'occasion de faire en sorte que ses deux objectifs soient
compatibles. Dans le même temps, les services du FMI continueront de suivre la
mise en œuvre du programme économique du gouvernement.
«Les membres de
la mission tiennent à remercier les autorités pour l'accueil chaleureux
qu'elles leur ont réservé et l'excellent esprit de coopération dont elles ont
fait preuve durant la visite»
16 juillet 2008
Kabila à Paris : un voyage pour rien
Le président de la république est passé à
l’Elysée ce mercredi 16 juillet à 15 h (heure de Paris) pour un entretien,
selon l’Elysée, « sur la situation intérieure en RDC ainsi que sur les
relations bilatérales et les principales crises du continent africain » (photo officielle de l’Elysée ci-haut).
Si du côté congolais on s’attendait à l’appui
de la France pour l’allègement de la dette qui étrangle le pays, on devait vite
déchanter car le président français, s’érigeant en donneur de leçon, a fait
savoir à son homologue congolais qu’on ne pouvait pas « solliciter de
nouveaux prêts… sans tenir compte de se désendetter par ailleurs »—référence
selon la dépêche de l’Associated Press, au « prêt de 8,5 milliards de dollars »
accordé par Pékin et « gagé en partie sur les ressources minières du pays,
alors que le FMI tentait parallèlement de convaincre le Congo de se plier à des
mesures d'assainissement de ses finances publiques » . Rappelons ici que
selon Africa Confidential le Produit Intérieur Brut (PIB) est de l’ordre de 7
milliards 7 millions USD et la dette extérieure à la hauteur de 9 milliards 400
millions USD (sans compte les services mensuels sur cette dette). La voix de
Thomas Sankara qui sommait les dirigeants africains de se libérer
arbitrairement de leurs soi-disant dettes résonne d’outre-tombe !
Dans le même temps, comme pour ajouter l’insulte
à la blessure, selon l’expression anglaise, l’ONG française « Reporters sans frontières » a confronté le président congolais avec une lettre relayant les
inquiétudes de l’ONG congolaise « Journaliste en danger » qui se dit
menacée par le PPRD. Voici d’ailleurs in extenso la lettre fantaisiste de l’ONG
française qui s’est récemment illustrée par sa sortie intempestive contre la
présence du président de la Syrie au défilé du 14 juillet à Paris :
« Monsieur Joseph Kabila
Président de la République
Palais de la Nation
Kinshasa-Gombe
République Démocratique du Congo
Paris, le 16 juillet 2008
Monsieur le Président,
Alors que vous allez entamer une visite
officielle en France, Reporters sans frontières souhaite attirer votre
attention sur la multiplication des menaces pesant sur l’organisation de
défense de la liberté de la presse, Journaliste en Danger (JED), notre
organisation partenaire en République Démocratique du Congo.
Le 7 juillet 2008, les responsables de JED
ont reçu un e-mail anonyme, provenant de l’adresse patrie.pprdv@yahoo.com
dénigrant l’organisation, et les menaçant de mort. « Voilà que tant des
gens en ont payé le prix et cela peut être votre cas aussi n’importe quand
surtout que nous sommes avec vous ici sans que vous nous identifiez. On
l’aurait déjà fait si facilement, mais le moment viendra », avertissait le
message. Une semaine plus tard, l’un d’eux a reçu un coup de téléphone
d’intimidation du numéro suivant : +243 81 86 83 879, d’un homme se
présentant comme l’auteur de l’e-mail du 7 juillet.
Journaliste en danger est pour nous un
partenaire essentiel dans notre action pour la liberté de la presse.
L’organisation a reçu le quinzième prix Reporters sans frontières - Fondation
de France en 2006. Reconnue par la communauté internationale pour son
indépendance et la rigueur de son travail, JED est un atout majeur pour votre
pays et joue un rôle capital dans la transition dont vous avez la charge.
C’est pourquoi nous vous demandons de veiller
à ce que les membres de JED soient protégés et de faire votre possible pour que
cessent les menaces dont les responsables de JED sont victimes. Nous avons de
fortes raisons de craindre que celles-ci ne se transforment en actes.
En septembre 2007, nous avions déjà
exprimé notre exaspération et notre inquiétude devant les sérieuses menaces
proférées à l’encontre de Donat M’Baya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi qui les
avaient poussés à quitter momentanément le pays.
Dans l’espoir de voir notre requête prise
en considération, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de
ma très haute considération,
Robert Ménard
Secrétaire général ».
Ces deux ONG croient-elles vraiment que si
ces menaces provenaient réellement du PPRD elles auraient été faites avec un
tel amateurisme ?
C’est à se demander ce que le président de
la république est allé foutre à Paris !
Tout compte fait, la leçon à retenir de
cette débâcle diplomatique c’est que le développement de la RDC ne passera plus
ni par l’Occident ni par les institutions de Bretton Woods. Le pays se doit de
se montrer créatif dans ce domaine et faire sien la devise du Mzee de la prise
en charge de sa propre destinée. Mais à l’allure où vont les choses au pays, je
suis pessimiste : il y a une frivolité criminelle de l’opposition
politique qui, sans raison sérieuse, soit boycotte sa participation à l’Assemblée
Nationale (elle vient de reprendre sa participation ce mercredi même) ou soit s’engage
en exercices futiles d’interpellations à répétition des ministres tout en
négligeant de légiférer !
10 juillet 2008
Funambulisme d’Obama et outrage de Jesse Jackson
Le mois dernier, c’est Ralph Nader, dont l’entêtement
à se poser en candidat indépendant à la gauche du Parti Démocrate aurait coûté
à Al Gore la Maison Blanche, qui tirait
l’alarme sur les distances que prenait le Sénateur Obama vis-à-vis des préoccupations
des Afro-américains. Et Ralph Nader n’y est pas allé de main morte : « Il
n’y a qu’une seule chose caractérisant Barack Obama en sa qualité de candidat
présidentiel démocratique. Il est à moitié Afro-américain. Que cela fasse une
quelconque différence, je ne sais le dire. Je ne l’ai pas entendu fustiger l’exploitation
économique dans les ghettos ; les prêts du jour de paie, les crédits
prédateurs, l’amiante, le plomb. Qu’est-ce qui l’empêche de le faire ? Est-ce parce
qu’il veut parler blanc? Il ne semble pas aimer Jesse Jackson? On verra ce que cela va donner dans les prochains
mois et s’il est élu après ».
Comme on pouvait s’y attendre, ces propos
de Ralph Nader ont causé un tollé général. Mais il était quand même difficile d’accuser
Nader, Arabo-américain et grand défenseur des consommateurs américains, de
racisme. Nader ne faisait qu’exprimer le malaise de nombreux progressistes
américains devant le soudain recentrage des positions d’Obama après la défaite
d’Hillary Clinton. Tant sur le retrait immédiat des troupes américaines d’Irak,
sur la peine capitale que sur la législation autorisant les tables d’écoute
sans aval judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme. Et plus
récemment, l’appui donné par Obama au programme « basé sur la foi »
ou de « compassion » de George Bush consistant à subsidier les œuvres
caritatives des groupes religieux. Dans une église noire, le candidat
démocrate a aussi tenu des propos alléguant le manque de responsabilité des
Afro-américains qui n’assument pas pleinement leur rôle de pères de famille—discours
de prédilection de ceux qui blâment les problèmes dans la communauté noire sur
l’irresponsabilité des Afro-américains.
Et dimanche passé, ce fut au tour du Révérend
Jesse Jackson lui-même de réagir à ces dernières prises de position de Barack
Obama. Le problème pour Jesse Jackson, c’est qu’il croyait murmurer son
commentaire dans un studio de télévision de Fox News devant un micro éteint… Et
c’est hier mercredi que Fox News a décidé de faire passer ce moment « off »
enregistré du Révérend Jackson.
Qu’a donc dit le Révérend Jesse Jackson ?
Il a murmuré à l’adresse d’un autre
commentateur afro-américain (photo) : « Cette façon qu’a Obama de
donner des leçons aux noirs, cette histoire de programme basé sur la foi, j’ai
envie de lui couper les couilles ! »
Encore une fois, tollé général.
La réaction la plus cinglante venait du
propre fils de Jesse Jackson, le Congressman Jesse L. Jackson Jr., co-président
national de la campagne Obama : « Je suis profondément outragé et déçu
par les déclarations inconsidérés du Révérend Jackson sur le Sénateur Obama ».
Et le Révérend Jackson de se répandre en excuses
abjectes...
On aurait voulu voir Jesse Jackson
justifier tout au moins sa colère contre Obama, les excuses n’expliquant
nullement le funambulisme d’Obama ni les
limites du programme de « compassion » clairement destiné à flatter l’électorat
des fondamentalistes chrétiens. On aurait souhaité voir Jesse Jackson faire
montre du même courage que Ralph Nader dont le florilège anti-Obama comprend
des fleurons du genre : « Je pense que Barack Obama s’entraîne pour
devenir flatteur-en-chef » ou « Il est bien clair qu’Obama est le
candidat des corporations multinationales de A à Z ».
09 juillet 2008
Un milliardaire américain avec un plan énergétique
La vidéo ci-haut fait partie d’une
campagne publicitaire de 10 millions de dollars lancée le 8 juillet 2008
par le milliardaire américain T. Boone Pickens (photo ci-dessous), le PDG de la gestion
alternative (Hedge Fund) BP Management.
Comme on le voit en partie sur le clip, Pickens affirme que l’Amérique doit se
défaire de sa dépendance pour le pétrole et qu’elle doit investir dans des
énergies alternatives : énergie éolienne, solaire et gaz naturel. Le plan
plus détaillé de Pickens se trouve sur le site web qu’il a créé à cet effet et
qui a nom pickensplan.com.
Ce plan fait déjà trembler les deux
candidats à la Maison Blanche, surtout John McCain dont le plan énergétique est
d’une simplicité désarmante : ouvrir l’aire protégée de l’Alaska et des
rives océanes américaines pour l’exploitation pétrolière.
Plan que rejette T. Boone Pickens,
républicain fieffé et grand supporter de Bush qui amorce ainsi soudainement un
revirement inattendu.
T. Boone Pickens est en effet l’un des
grands barons du pétrole. Il dit par exemple que les réserves mondiales du
pétrole ont atteint et dépassé leur point de basculement. En d’autres termes,
le pétrole fossile ne pourra plus jamais satisfaire les besoins énergétiques toujours croissants du monde. Dans le cas
particulier des USA, Pickens informe le public américain qu’à l’heure actuelle 700
milliards de pétrodollars changent de main par an à destination des pays du
Golfe Persique et que dans une décennie ce chiffre pourrait atteindre le
montant astronomique de 10 trillions de dollars, ce qui représentera « le
plus grand transfert de richesse de l’histoire de l’humanité ». Or, le
climat des Etats-Unis fait de ce fait pays « l’Arabie saoudite de l’énergie
éolienne ». Cette source incroyable d’énergie se trouve principalement
dans la région des Grandes Plaines des USA—en gros dans le corridor allant du
Texas au Dakota du Nord.
L’investissement dans ce projet
pharaonique demandera beaucoup d’argent : 1 trillion de dollars pour l’infrastructure
de base et 200 milliards pour l’infrastructure de transformation et de
distribution. Mais c’est un investissement fixe, comparé aux 700 milliards de
dollars annuels aux pays de l’OPEP et aux compagnies pétrolières. Et Pickens ne parle pas en l’air. L’une de ses
compagnies, la « Mesa Power » construit à présent la plus grande
ferme éolienne du monde au Texas.
Parallèlement à cette énergie éolienne, il
y a le gaz naturel et d’autres biocarburants qui serviront pour les véhicules.
Pickens donne même l’exemple de la voiture Honda
Civic GX qui roule au gaz naturel.
Ce que dit ce grand pétrolier doit
inquiéter et interpeller nos pays. Le Congo a des ressources en gaz naturel
dans le Lac Kivu et les efforts devraient se centrer sur l’exploitation de
cette ressource, parallèlement à l’exploitation du gaz dans le Lac Albert où l’Ouganda
semble nous avoir déjà damé le pion avec des vautours des multinationales. Il y
a le projet du Grand Inga que d’aucuns critiquent déjà pour son impact
environnemental. La RDC ne pourra rien faire non plus de durable dans le
domaine des biocarburants car personne ne laissera le pays entreprendre une
déforestation à grande échelle car sa forêt tropicale humide est considérée
comme l’un des poumons de la planète tout comme la forêt amazonienne. Le Brésil
est d’ailleurs aujourd’hui très critiqué pour sa réorientation de la culture
agricole vers une culture de production des produits devant servir de
biocarburants. Jean Ziegler, qui vient
de terminer son mandat comme Rapporteur Spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation,
en avait d’ailleurs appelé à un moratoire sur la production des biocarburants
car, selon lui, elle est partiellement à blâmer pour la flambée des prix des
produits alimentaires.
Il est impératif que les décideurs africains sortent de leur léthargie et envisagent de nouvelles politiques énergétiques viables. L’avenir est sombre dans ce domaine. Et nos politiques sont sclérosées sur des modèles obsolètes.
01 juillet 2008
Baton Rouge, Louisiane: Loi antiévolutionniste
Le Gouverneur de l’Etat de la Louisiane, Bobby Jindal, a signé le 27 juin une loi appelée « L’Acte de l’enseignement de la science ». Cette loi, qui est passé au Sénat de l’Etat par 36 votes contre zéro, réglemente le programme d’études du primaire et du secondaire de la branche « science ». Cette nouvelle loi démontre la résilience de l’hydre religieuse américaine qui repousse dans ce cas une nouvelle tête pour remplacer celle qui a été décapitée par la Cour Suprême américaine en 1987. Cette année-là, la Cour Suprême des Etats-Unis statuait contre une loi de cette même législature de l’Etat de la Louisiane qui s’appelait « L’Acte du Créationnisme » qui interdisait purement et simplement l’enseignement de la théorie de l’évolution. En 2005, un conseil scolaire truffé de fous de Dieu, mais cette fois-ci de l’Etat de la Pennsylvanie, se voyait lui-aussi débouté par la Cour Suprême pour son injonction d’enseigner parallèlement à la théorie de l’évolution ce que ce conseil scolaire de mabouls appelait « le dessein intelligent »—le même « créationnisme » dans une nouvelle génération spontanée !
Lisons un moment ce nouvel Acte ridicule de la Louisiane dans sa partie pertinente :
« § 285.1. Enseignement de la science ; développement des aptitudes de la pensée critique
A. Cette section devra être connue et pourra être citée comme l’‘Acte de l’enseignement de la science de la Louisiane.
B. (1) Le Conseil Scolaire de l’enseignement du primaire et du secondaire, à la demande d’une ville, paroisse, ou d’un autre conseil scolaire public local, devra permettre et assister les enseignants, les directeurs d’écoles et d’autres administrateurs scolaires publics de créer et de promouvoir un environnement au sein des écoles primaires et secondaires publiques qui encourage les aptitudes de la pensée critique, l’analyse logique, et une discussion ouverte et objective sur les théories scientifiques étudiées, y compris, mais non limitées à/aux, l’évolution, les origines de la vie, le réchauffement de la planète et le clonage humain.
(2) Cette assistance devra inclure l’appui et l’orientation fournis aux enseignants sur les moyens efficaces pour aider les élèves à comprendre, analyser, critiquer et vérifier objectivement les théories scientifiques étudiées, y compris celles énumérées dans le Paragraphe (1) de cette Sous-section ».
Notons d’abord que l’homme qui a rédigé et proposé ce projet de loi est un démocrate, le Sénateur Ben Nevers de l’Etat de la Louisiane (photo ci-dessous). Les Démocrates dominent d’ailleurs le Sénat de la Louisiane (23 contre 15 Républicains, soit 58.97% contre 38.46%). On peut vérifier ces statistiques sur le site officiel du Sénat de la Louisiane. Comme je viens de l’écrire sur le site de « Marianne en ligne » dans un commentaire à l’article de Philippe Cohen intitulé « Obama pour la peine de mort. Mais chut ! », article qui s’étonne que la gauche française se taise devant la déclaration du candidat démocrate selon laquelle on peut imposer la peine de mort à un violeur d’enfant : « On peut appuyer Obama pour d'autres raisons, [mais] pas parce qu'il serait de la gauche, puisque son parti n'en fait pas partie ! »
Cette loi sera certainement par certains parents et des professeurs des sciences naturelles. Et le cirque de reprendre jusqu’au niveau de la Cour Suprême qui cassera à nouveau cette loi frivole !









