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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

15 novembre 2008

Détresse au Nord-Kivu — Vol.6

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Une amie et participante silencieuse de ce blog a attiré mon attention sur le travail d’analyse approfondie sur le conflit à l’est de la RDC par un groupe d’experts du think-tank américain « Council on Foreign Relations » — le Conseil sur les relations internationales. L’intérêt de ce travail, c’est le fait que les prochains conseillers et décideurs sur la politique africaine de la nouvelle administration Obama proviendront principalement de ce think-tank et d’un autre think-tank appelé « Brookings Institution ».

Dans le cadre de cette réflexion sur le conflit en RDC par le « Council on Foreign Relations », il y a le Podcast ci-dessous d’une interview du 31 octobre 2008 d’Anthony Gambino, ancien directeur de la mission de USAID au Congo, qui donne des pistes de ce que sera la politique américaine au Congo. Cette baladodiffusion donnera matière à réflexion pour certains de nos frères — comme BONY — qui croient que tout fait nombre dans une armée. Le fait est que le ministre de la défense de la RDC, M. Chikez Diemu, a somnolé alors qu’il y avait urgence à préparer ce que M. Gambino un « noyau » dissuasif des FARDC…Je donne d’abord l’élément audio pour ceux de nos bloggeurs ayant une maîtrise de la langue anglaise, suivi de ma transcription française.      

Interviewé : Anthony W. Gambino, Ancien Directeur de la Mission de USAID en République Démocratique du Congo. Interviewer : Stephanie Hanson.

31 octobre 2008

(Traduction : Alex Engwete)

[Annonceur : Ceci est une baladodiffusion de « cfr.org », le site Internet de « Council on Foreign Relations »]

HANSON : Je suis Stephanie Hanson de « cfr.org ». Il y a eu escalade du conflit dans l’est du Congo, avec des centaines de milliers de gens déplacés au cours de ces dernières semaines. Je m’entretiens avec Tony Gambino, ancien directeur de la mission de USAID en République Démocratique du Congo et auteur d’un récent rapport spécial du « Council » sur ce pays. Tony, le leader rebelle Laurent Nkunda est devenu de plus en plus audacieux dans ses attaques sur l’est du Congo, sur le peuple congolais ainsi que sur les troupes gouvernementales. Qu’est-ce qui, selon vous, le convaincrait-il à cesser de combattre ?

GAMBINO : Le problème fondamental à l’est du Congo, dans les régions où non seulement Laurent Nkunda mais aussi plusieurs leaders de milices et de groupes rebelles du Congo et du Rwanda voisin opèrent, c’est que cette partie du monde est tombée dans l’anarchie.  Le gouvernement congolais et son armée, comme le démontre amplement le comportement de l’armée congolaise durant cette crise — où l’on voit que les soldats ne combattent pas, s’enfuient, pillent et même tuent des civils —montre que l’armée congolaise est absolument incapable de contrôler le territoire congolais dans la partie Est du pays. De ce fait, une alternative doit être trouvée afin de rétablir la sécurité et garantir l’intégrité du territoire dans cette partie du Congo. La seule force plausible à même de le faire aujourd’hui, c’est  la MONUC—la force des Nations Unies. Si cela se produisait, il est clair que la MONUC demandera des forces supplémentaires et l’appui nécessaire pour le faire. Et à ce moment-là, le Général Nkunda et d’autres groupes viendraient négocier une sorte d’accord raisonnable. Mais aussi longtemps que l’est du Congo — et ses richesses minières et ses minerais facilement exploitables — reste plongé dans l’anarchie, les motivations pour ces différents groupes armés de continuer leurs opérations sont de loin beaucoup plus fortes que les motivations pour vraiment négocier et déposer les armes.

HANSON : Quelle est l’ampleur du problème dont nous parlons ici ? On dit que le Congo est un pays énorme avec très peu d’infrastructures… Quel genre de mesures faudra-t-il prendre pour résoudre effectivement ce problème ?

GAMBINO : S’il est vrai que le pays tout entier est désespérément pauvre, il est aussi vrai que le pays vit dans la paix et dans le calme dans sa grande partie — sous le contrôle de l’Etat. Ce terrible problème du chaos, de l’insécurité, du désastre humanitaire est en fait spécifiquement centré dans les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu. Chacune de ces provinces a à peu près la superficie de la Sierra Leone, le plus petit pays africain. En 2000, la Sierra Leone était plongée dans un conflit comparable à l’actuel conflit au Congo. Les Britanniques, avec une force d’intervention relativement réduite — mais une force de l’armée britannique — furent capables d’y aller et d’y reprendre le contrôle de la situation, à un degré négligeable de risque pour les forces britanniques. Et une fois qu’ils avaient établi ce contrôle et clairement montré aux rebelles que leur sorte d’activité renégate n’allait plus marcher, il était alors devenu possible de passer aux actions positives de rétablir la capacité de la nation à garantir sa propre intégrité territoriale et à poursuivre son développement.

HANSON : Et que peuvent faire les Etats-Unis pour soutenir la MONUC, la force de maintien de la paix de l’ONU, dans l’est du Congo ?

GAMBINO : Le problème fondamental des Etats-Unis, c’est que notre gouvernement a constamment cherché une option minimaliste pour endiguer l’hémorragie à chaque occurrence d’une crise. On s’est régulièrement satisfait de petits pas qui pouvaient sembler désamorcer la crise du moment, mais qui n’ont aucune emprise sur le problème fondamental. Cette crise au Congo n’est pas quelque chose de nouveau. L’est du Congo vit dans le chaos depuis le plus clair des dernières quinze années. Laurent Nkunda n’est pas une figure nouvelle. Il combat de manière renégate pendant près de quatre ans. Il est grand temps que les Etats-Unis prennent la direction des choses — pas en y envoyant des forces américaines, mais en prenant le leadership et en donnant un appui musclé à la mission du maintien de la paix des Nations Unies de façon à ce qu’elle reçoive les ressources dont elle a besoin. Par exemple, le Conseil de Sécurité a récemment reçu une demande urgente de la MONUC de 2.000 soldats supplémentaires. A mon avis, le Conseil de Sécurité aurait dû immédiatement répondre positivement à cette demande. Au lieu de quoi, ils ont tout simplement pris acte de la demande et se sont mis d’accord à la prendre en considération à une date ultérieure. Ce n’est pas la bonne façon de répondre à une situation aussi urgente que la crise actuelle au Congo.

HANSON : Sur le long terme, lorsque la MONUC quitte le pays, l’armée congolaise devra bien reprendre le processus d’assurer la loi et l’ordre à l’est du Congo. Quelles sont quelques mesures qui peuvent être prises maintenant pour renforcer l’armée congolaise ?

GAMBINO : Vous avez absolument raison. Il y avait une formation militaire entreprise au Congo par le passé. Mais d’une façon non-coordonnée et pas du tout de manière sérieuse par plusieurs pays, y compris les Etats-Unis. Il y a une façon correcte de le faire. Quand on est face à une armée qui fonctionne aussi déplorablement que l’armée congolaise, c’est que  vous devez y envoyer des techniciens de très haut niveau pour entreprendre la formation. Ce n’est pas n’importe quel groupe qui sera capable de le faire. Vous devez incorporer des mentors dans ces unités elles-mêmes. Une fois que ces unités sont formées, quand elles sont déployées à l’est du Congo, l’incorporation des mentors internationaux continue. Finalement, si elles entreprennent une action militaire, cela doit toujours se faire de manière que ce soit un déploiement conjoint avec la MONUC. Ainsi, dans les circonstances actuelles, si les Congolais avaient quelques unités efficaces, celles-ci ne devraient pas aller attaquer d’elles-mêmes, elles ne lanceraient une mission que si celle-ci avait était conjointement planifiée et exécutée avec les forces appropriées de la MONUC. Ce genre de modèle— et avec le temps ; et ceci prendre du temps ; nous parlons d’un processus d’au moins deux ans, avant qu’on dise avec un quelconque degré de confiance que quelques unités… et nous parlons d’un noyau de l’armée congolaise ; je ne parle pas de l’armée entière… peut-être une ou deux brigades ; 5 ou 10.000 hommes qui seraient amenés à un niveau satisfaisant de préparation au combat…

HANSON : Je viens de m’entretenir avec Tony Gambino, expert sur les questions relatives à la République Démocratique du Congo. Pour « cfr.org », je suis Stephanie Hanson.

[Annonceur : Merci d’écouter ce Podcast du « Council for Foreign Relations ». Pour des analyses expertes  supplémentaires des nouvelles internationales en audio, vidéo et texte ainsi qu’un menu complet de notre fil de syndication, visitez-nous en ligne, au « cfr.org »]

Posté par Alex Engwete à 08:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

EKOMEMA YO MOSIKA TEEEE

Lia LIBONDO NA MFUMBUA NA MALEMBA EKOMEMA YO MOSIKA TEEEEEEEEE
Prof tongo etani
OCTOBRE 2007



Les véritables enjeux pour le Congo et l’Afrique
[177 Commentaires à cet article]


Berceau de l’humanité



Le projet ultra-libéral a échoué, en effet ce projet nous engageait dans la destruction de la planète, il suffit de voir comment les américains vivent, comment on les précarise tout en laissant entendre qu’il n’y a pas de chômage.

Ce système ultra-libéral favorise la santé des entreprises plutôt que la santé humaine.

L’Afrique doit avoir le courage de s’écarter des institutions de Bretton Woods.

Aujourd’hui à la tête du fonds monétaire international (FMI), nous avons le Français Dominique Strauss Khan, il sera le haut fonctionnaire le mieux payé de Washington D.C.
Sa rémunération annuelle de 495.000 dollars est, privilège des diplomates, nette d’impôts. C’est plus que deux fois et demie le salaire du patron de la Réserve Fédérale. A cela s’ajoute une coquette retraite annuelle, garantie au bout de trois ans seulement de service, négociée par son prédécesseur à 80.000 dollars.

Comment voulez-vous que ce Monsieur avec son équipe des privilégiés, viennent imposer à l’Afrique et au Congo les ajustements structurels et autres rigueurs.

Pour le Congo, nous vivons la fin de notre pays sur le plan écologique. La déforestation et le manque de nettoyage des sites miniers après exploitation, nous fragilisent et compromettent l’avenir de notre pays et de nos enfants.

Nous devons démocratiser et contrôler les cahiers de charges des contrats miniers dans la transparence, pour une bonne maîtrise de la corruption.

Suite à la crise des subprimes(prêts hypothécaires), la banque privée allemande IPK financement des PME(petites et moyennes entreprises) s’est retrouvée au bord de la faillite, la première banque Suisse, UBS a annoncé des pertes comprises entre 600 et 800 Millions d’euros pour le troisième trimestre, le crédit agricole touché par la crise, via sa filiale Calyon qui a perdu 250 Millions d’euros, les banques centrales continuent de financer les établissements de crédit à coup des milliards.

Nous assistons à l’effondrement de l’ultra libéralisme que les autorités de Bretton Woods veulent imposer à l’Afrique.

Le problème pour le Congo, c’est la corruption, le mélange de genre, la collusion entre le pouvoir politique, le pouvoir judiciaire et le pouvoir économique.

Il est illusoire de penser qu’on va résoudre la crise écologique sans changer de système économique. Le capitalisme financier est fondamentalement destructeur.
Et il n’a même pas besoin de la démocratie pour exister, la Chine en fait la preuve.

Tant qu’on n’aura pas changé face à la corruption, on n’avancera pas. Tout le reste sera de la poudre aux yeux, avec quelques résultats, habiles et ultra médiatisés.

Par Tongo Etani

Posté par tongo etani, 15 novembre 2008 à 19:28

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