21 novembre 2009
Epuration ethnique de Dongo : A quoi jouent L’UDPS et un certain Ambroise Lobala Mokobe?
Réfugiés monzayas au Congo-Brazzaville
Photo : B.B. Diallo/UNHCR
On est tous au courant de l’épuration ethnique qui fait rage à Dongo dans le Sud-Ubangi. Le Général Benjamin Alongaboni, inspecteur général adjoint de la Police Nationale Congolaise (PNC), décrit les horreurs de ce conflit en ces termes au micro de Radio Okapi :
« Tout a commencé dans la nuit du 28 au 29 octobre lorsque le féticheur dénommé Udjani et sa bande ont quitté leur village Enyele et se sont rendus à Kombe vers Gemena. Objectif : faire des incantations pour fructifier les étangs piscicoles. Contrairement à ce qu’ils avaient annoncé, ils ont attaqué tous les non originaires installés à Dongo. La police est intervenue et des affrontements s’en sont suivis avec la police. Nous avons reçu l’ordre de notre hiérarchie de venir ici pour r établir la sécurit é. Nous n’avons pas connu des résistances sinon vers Kombe. Des jeunes gens armés des couteaux ont tenté de s'opposer à nous. Nous les avons rapidement désarmés. Ce groupe d’inciviques continuent à semer un peu de désordre vers Imese ».
Et d’ajouter : « Si c’était un conflit opposant les Lobala et les Bomboma, il devait s’arrêter à ces seules ethnies. Mais les commerçants nande, mbuza, ngombe, et ngbaka ont été attaqués aussi. C’est une question de haine raciale, de jalousie. Une épuration ethnique ». (Des sources concordantes rapportent que les premières victimes de cette épuration ethnique sont des Monzayas).
Pis, l’ampleur du désastre humanitaire est énorme. A part les 40 policiers massacrés par Udjani et ses Enyele, une centaine de civils ont péri noyés dans la Rivière Ubangi qu’ils traversaient à la nage pour se réfugier au Congo-Brazzaville — qui héberge plus de 30.000 déplacés de ce conflit.
Sur le terrain à Dongo, on « fait état d’une cité fantôme, plusieurs maisons incendiées et des corps gisant dans les rues ».
Il n’y a donc aucune motivation politique dont pourrait se revendiquer un parti politique. Il s’agit plutôt d’actes relevant de crimes contre l’humanité.
Il est donc étonnant que l’UDPS puisse donner son espace sur Internet pour un certain Ambroise Lobala Mokobe, porte-parole autoproclamé des « patriotes résistants de Dongo » pour y afficher des mensonges sur les événements de Dongo.
Voici ce que déclare cet affabulateur :
« Ce mercredi 18 novembre 2009 à l’aube, la soldatesque dépêchée à Dongo par le pouvoir de Kinshasa a lancé une attaque contre nos positions situées en dehors de la localité.
Face à cette provocation, nos vaillants combattants ont réagi avec énergie et ont repoussé l’ennemi.
Mais comme nous ne cessons de le dire, vu que la force semble être le moyen choisi par le pouvoir, nos forces ont quitté leurs positions et ont mis le cap sur la mission de Bokonzi qui est à notre portée. Après Bokonzi, nous allons conquérir la mission catholique de Bwamanda. Et, enfin, nous allons nous emparer de la ville de Gemena, avant de voir ailleurs ».
Et ce criminel prétend signer son communiqué dans la localité de Dongo à la date du 19 novembre 2009. Comme décrite plus haut, Dongo est une localité fantôme qui n’a jamais eu d’accès Internet et l’on pourrait se demander si ce communiqué est parvenu au webmaster de l’UDPS par un sortilège du shaman enyele Udjani.
L’UDPS frôle ici, non seulement l’irresponsabilité politique, mais une véritable sédition. Le gouvernement congolais devrait poursuivre en justice l’UDPS afin que ce parti politique précise ses liens avec cet Ambroise Lobala Mokobe, responsable intellectuel des crimes contre l’humanité en train d’être perpétrés dans la Province de l’Equateur.



