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ALEX ENGWETE

Congologie : Espace d’analyses et d’opinions sur la culture et la politique du sous-continent de la République Démocratique du Congo. Contact: alexengwete@gmail.com

09 octobre 2009

OBAMAGRAMME—VOL.8 : SAINT OBAMA, LAURÉAT DU PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009

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DU JAMAIS VU... SAINT VIVANT OBAMA !!!

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Deux types de réaction ici face au Nobel d’Obama. Le premier type provient des journalistes dont certains font pression sur Obama pour qu’il renonce au Nobel ! Pas comme Jean-Paul Sartre, pardi ! Tout simplement parce qu’Obama n’a rien fait jusqu’ici. Le même type de discours qu’on avait entendu sortir de la bouche de Sarah Palin qui traitait Obama d’incompétent sans expérience…

Le deuxième type de réaction provient des ennemis politiques d’Obama qui insultent Obama et le comité du Nobel dans un amalgame inextricable.

Le prix du plus vicieux commentaire est à attribuer à Iain Martin du Wall Street Journal dans sa réaction de trois paragraphes intitulé « Barack Obama reçoit le Prix Nobel. Pour quoi ? ». L’homme semble avoir écrit son commentaire d’un jet, sans se relire, comme si on l’avait tiré du lit pour lui annoncer la nouvelle et lui demander de pondre quelque chose avant que les rotatives ne tournent ! Ce commentaire est si bizarre et si insultant — avec des mots sous lesquels on sent couver un racisme qui cherche à affleurer—qu’il mérite d’être repris ici in extenso dans une traduction littérale (avec des coquilles et des phrases tordues de la version anglaise originale):

Barack Obama reçoit le Prix Nobel. Pour quoi ?
Par Iain Martin

C’est complètement bizarre. Le Président Barack Obama vient de gagner le prix nobel [sic] de la paix. On ne sait pas trop pourquoi. Pour avoir fait la paix, d’une certaine manière, avec Hillary Clinton ? Pour avoir abandonné le bouclier de missiles et encouragé les Iraniens ? Pour avoir préparé le renforcement des troupes et des armements en Afghanistan ?

De toute évidence, traditionnellement la procédure habituelle requiert que les lauréats du prix pacifient d’abord avant de se voir attribuer le prix après qu’ils aient réalisé quelque chose. Mais l’innovation balaie de telles notions démodées de la récompense qui suit un long effort.

Pensez-y, c’est tout à fait postmoderne : un leader peut maintenant se voir attribuer le prix pour dire qu’il espère qu’il fera la paix à un certain point dans l’avenir. Il n’a pas à la faire effectivement, il n’a seulement qu’a en avoir des aspirations. Brillant.

***

VRAIMENT !!! CE PAYS EST PLEIN DE CONNARDS !!!

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16 septembre 2009

OBAMAGRAMME — VOL.7 : La furie raciste anti-Obama

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Selon Jimmy Carter, l’Amérique est secouée par la furie raciste anti-Obama

Le vol.6 de notre série des Obamagrammes datait du jeudi 16 octobre 2008 et donnait un aperçu du dernier débat télévisé de la campagne présidentielle qui eut lieu la veille. C’était la période de la grande ivresse de l’Amérique qui se croyait enfin guérie de la terrible marque du racisme. Mais, dans ce qui se disait au cours de cette campagne vicieuse, j’avais ressenti comme un malaise devant ce que je croyais noter comme une lame de fond de racisme virulent qui ne s’exprimait qu’à demi-mot ou en langage codé : Obama l'anti-américain, Obama l’Antéchrist (Obamagramme—Vol. 4), etc.

J’avais noté ce malaise dans le billet du 5 septembre 2008 intitulé « Le vocabulaire raciste de la campagne républicaine » et dans le billet du 3 septembre 2008 titré « Convention Républicaine : la fiesta militariste de l’Amérique blanche ». Dans ce dernier billet, je notais, entre autres choses, la fracture, illustrée par la Convention républicaine, « entre l’Amérique multiculturelle ou multiethnique et l’Amérique blanche ».

Obama est depuis janvier le 44ème président étatsunien et le premier locataire de la Maison Blanche de son genre : un black.

L’Amérique vit-elle aujourd’hui dans l’euphorie de la nouvelle ère post-raciale ? Beaucoup s’en faut… J’avais plutôt l’impression, que je ne partageais qu’avec des proches, que tous les démons racistes terrés dans le Parti républicain et dans les égouts de l’Amérique avaient profité des propositions de la réforme de la couverture santé proposée par Obama pour sortir au grand jour. Et pour « reprendre notre pays », selon leur expression.

J’ai d’abord remarqué aux tout débuts un changement de ton envers le nouveau président. Il y avait comme un manque de respect généralisé de la part des Républicains et de leur électorat du sud pour Obama. Dire qu’Obama est un « socialiste » pour son programme politique passe encore au nom de la liberté d’expression et de l’opposition politique. Mais le dépeindre dans des affiches comme un joker, un Hitler ou un démon, c’est la liberté d’exprimer son racisme. Surtout que les foules dans ces manifs anti-Obama sont exclusivement blanches (photo ci-haut). Le pire, c’est qu’on y mêle aussi Michelle Obama (qu’une animatrice de radio a traitée de « salope ») et les fillettes (au cours de leur voyage à Moscou, un opérateur républicain les a taxées d’« ados de ghettos qui n’attendent qu’à tomber enceinte », l’aînée ayant porté un T-shirt avec le signe de la paix).

Toute une chaîne de télé — Fox News, avec des présentateurs d’infovariétés comme Glenn Beck et Bill O’Reilly—s’est faite le relais et l’instigatrice de ces manifs anti-Obama. Ces animateurs de télé prennent pour modèle Rush Limbaugh, la voix radiophonique de tous ces blancs qui croient qu’un « candidat manchou » islamo-noir est en train de détruire l’Amérique de l’intérieur. L’Antéchrist des slogans de campagne de McCain !

Il y a quelques jours, Joe Wilson, congressman républicain du sud (Caroline du sud), a interrompu Obama au milieu de son discours en pleine session conjointe des deux chambres pour lui crier, en pointant un doigt accusateur sur lui : « C’est un mensonge ! » Du jamais vu, sous la rotonde du Capitole… Il y a deux jours, l’un des organisateurs de ces manifs racistes anti-Obama s’est écrié sur les plateaux de CNN : « Obama est un musulman indonésien ! »

Et le pressentiment diffus de racisme que je voyais s’exacerber alentour vient d’être confirmé ce mardi 15 septembre par ces propos de Jimmy Carter, le 39ème président étatsunien, dans une interview avec Brian Williams de la chaîne NBC (vidéo ci-dessous):

« Je pense qu’une bonne partie de l’animosité intensément démontrée envers le Président Barack Obama est basée sur le fait qu’il est noir, qu’il est Afro-américain. Je vis dans le sud et j’ai vu le sud faire un grand chemin ; et j’ai vu le reste du pays qui partage l’attitude du sud envers les groupes minoritaires à cette époque, particulièrement [envers] les Afro-américains.  Et ce penchant pour le racisme existe encore.  Et je crois qu’il a refait surface du fait de la croyance chez beaucoup de blancs, pas seulement dans le sud mais à travers le pays, selon laquelle  les Afro-américains ne sont pas qualifiés pour diriger ce grand pays. C’est une circonstance abominable, et elle me peine et me préoccupe très profondément ».

 

Visit msnbc.com for Breaking News, World News, and News about the Economy

MISE À JOUR DU JEUDI 17 SEPTEMBRE 2009: JIMMY CARTER PERSISTE ET SIGNE

Après le rejet par la Maison Blanche de l’analyse de Jimmy Carter selon laquelle les manifs anti-Obama sont racistes, Jimmy Carter persiste et signe. Il a réitéré les mêmes accusations dans la soirée du mercredi 16 septembre devant les étudiants d’Emory University à Atlanta, en Géorgie (voir le vidéoclip ci-dessous suivi de ma traduction française de l’échange entre l’intervieweur et Jimmy Carter).

Voici la traduction de cet échange entre un intervieweur et Jimmy Carter :

QUESTION : Pensez-vous encore que le racisme soit un problème que confronte le Président Obama lorsqu’il doit faire passer des législations au Congrès ?

JIMMY CARTER : Oui, je le crois. Laissez-moi répondre à cette question très prudemment. Je crois que c’est complètement légitime et prévisible d’avoir des débats pointus et parfois injustes sur des problèmes majeurs auxquels fait face notre pays— la couverture médicale en est un. Je pense que c’est dans les limites de la décence politique, par exemple, pour les opposants de la proposition du Président Obama d’avancer de fausses affirmations qu’il y a des escadrons de la mort ; et que tous ceux qui ont plus de 65 ans seront privés de soins de santé pour qu’ils meurent précocement… C’est ce type d’affirmations qui ont été faites… Mais, ça, passe encore. Mais quand des éléments d’une frange radicale de manifestants et d’autres commencent à s’attaquer au Président des Etats-Unis d’Amérique comme un animal ou comme une réincarnation d’Adolf Hitler, ou quand ils agitent des panneaux qui disent « Nous aurions dû enterrer Obama avec Kennedy » — des choses de ce genre sont au-delà des limites de la façon dont les présidents avaient jamais été traités. Même par des gens qui disconviennent [d’avec eux]. Et je pense que les gens qui sont coupables de ce genre d’attaque personnelle contre Obama ont été influencés dans une très grande mesure par la croyance selon laquelle il ne devrait pas être président parce qu’il se fait qu’il est Afro-américain. C’est une attitude raciste. Et mon espoir, mon attente, c’est qu’à l’avenir, tant les leaders démocrates que les leaders républicains prendront l’initiative pour condamner ce genre d’attaques sans précédent sur le Président des Etats-Unis.

 

Photo: Amanda Lucidon pour le New York Times

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16 octobre 2008

OBAMAGRAMME—VOL.6

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Le dernier débat présidentiel a finalement eu lieu la nuit du mercredi 15 octobre au campus de Hofstra University, à Hempstead, dans l’Etat de New York. Aucun feu d’artifice. Aucun K.O. technique administré par l’un ou l’autre candidat. Par contre, les deux candidats ont étalé devant les téléspectateurs deux personnalités et deux styles contrastés. D’un côté, Barack Obama, posé, calme, décent, rassurant ; et de l’autre, John McCain, inquiétant, colérique, vindicatif et méprisant. Ce contraste s’est immédiatement matérialisé dans les sondages instantanés réalisés par les grandes chaînes de télévision américaines après le débat qui donnent Obama gagnant — comme celui de CNN avec Obama (58 %) contre McCain (31%). A cette mesure de la performance des candidats au cours de ce dernier débat s’ajoutent les sondages nationaux qui donnent Obama gagnant à plus de 50% et la carte du Collège Electoral où l’on voit Etat après Etat tourner au bleu, la couleur du Parti démocrate.

Deux facteurs militent en défaveur du McCain ces derniers temps : 1) la chute historique de la bourse de de New York et la récession économique qui se profile à l’horizon, puisque les démocrates ont la réputation d’être meilleurs gestionnaires de l’économie ; et 2) la réaction négative du public à la campagne vicieuse de McCain, particulièrement sa colistière Sarah Palin, qui n’a de cesse d’accuser Obama de copinage avec les terroristes — une distorsion des rapports qu’Obama avait entretenus avec Bill Ayers, professeur dans une université de Chicago qui avait milité dans sa jeunesse contre la guerre du Vietnam alors que le candidat démocrate n’était âgé que de 8 ans !

Dans le meilleur des mondes, Obama est le prochain président des USA, à moins qu’il n’y ait un « effet Bradley » dans les isoloirs le mardi 4 novembre !

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27 septembre 2008

OBAMAGRAMME—VOL. 5

DEBATE

Le premier débat présidentiel entre Obama et McCain a enfin eu lieu, la nuit du vendredi 26 septembre 2008. Je ne m’attarderai sur le contenu du débat, dont les détails sont déjà relayés par tous les organes de presse, sauf pour souligner une opinion fondamentale exprimée par Obama au cours du débat :

« Vous savez, mon père est originaire du Kenya. Et c’est de là que je tiens mon nom. Et dans les années 1960, il envoyait lettre après lettre aux universités ici aux Etats-Unis du fait que l’opinion était qu’il n’y avait pas un pays sur terre où l’on peut mieux réussir si l’on essayait. Les idéaux et les valeurs des Etats-Unis inspiraient le monde entier. Je ne crois pas qu’aucun d’entre nous peut dire que notre position dans le monde actuellement, la façon dont les enfants autour du monde considèrent l’Amérique est la même. Et une partie de ce que nous devons faire, ce que le prochain président devra faire— et ceci fait partie de notre jugement, ceci fait partie de ce que nous allons faire pour maintenir l’Amérique en sécurité—c’est d’envoyer un message au monde que nous allons investir dans des questions comme l’éducation— que nous allons investir dans des questions qui ont prise sur la façon dont les gens ordinaires sont à même de vivre leurs rêves. Et c’est quelque chose à laquelle je vais m’engager comme président des Etats-Unis ».

Après la diplomatie belliqueuse de George Bush, c’est un coup d’air frais que l’administration Obama soufflerait sur le monde… Et assez bizarrement, sur le plan de la vision diplomatique censée être le point fort de McCain, Obama a damé le pion au candidat républicain. C’est d’ailleurs ce que semblent confirmer les premiers sondages à chaud faits après ce premier débat— dont celui de la chaîne de télévision CBS sur un échantillon national représentatif de 500 électeurs indécis qui donnent Obama gagnant avec 39% contre 24% pour McCain.

Et, en dernier lieu et non des moindres, le langage corporel de McCain a été fort déroutant. L’air furieux, McCain n’a pas daigné une seule fois regarder Obama sur le podium. Comme si McCain n’avait que du mépris pour un candidat qui n’était pas là par hasard, mais bien parce qu’il a été désigné par des millions d’électeurs de son parti. Certains commentateurs ont même décrit le comportement de McCain comme celui d’un lutin. Pour moi, McCain ne fait que confirmer ce que je soupçonne depuis un certain temps : l’homme est raciste !

MISE A JOUR: debateObama

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31 août 2008

OBAMAGRAMME—VOL. 4

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Les choses sont allées si vite depuis le samedi 23 août, date de la désignation du Sénateur Joe Biden du Delaware comme colistier de Barack Obama, que j’ai manqué de mettre à jour à l’échéance hebdomadaire promise le widget « Obamagramme ». Si je devais attendre la fin de la Convention républicaine la semaine prochaine, les éléments se seraient amassés au point qu’ils seraient devenus trop lourds pour un widget. Et d’ailleurs, même pour cette synthèse, un widget ne fera pas l’affaire.

J’ai d’ailleurs éliminé tous les éléments visuels qu’on peut facilement retrouver sur « Youtube » pour ne garder que la caricature d’Obama ci-haut qu’ont répandue les sites internet de la droite pour se moquer du caractère grandiose du stade « Inveco Field » de l’équipe de football américain Broncos de Denver. On peut comprendre l’inquiétude des Républicains : plus de 80 mille personnes se sont pressés dans les gradins d’« Inveco Field » pour applaudir Obama. Ces républicains ont donc rebaptisé Denver pour l’occasion « Obamapolis » !

On pourrait prendre à la légère cette caractérisation moqueuse, mais l’on se souviendra que des sites internet de l’extrême droite américaine proclament Obama l’ « antéchrist »—, thème décliné de manière cryptique dans certains clips télévisés de McCain. Le plus inquiétant dans tout ça, c’est que malgré le rebondissement dont bénéficie Obama dans les sondages à la suite de la Convention Démocrate de Denver (le sondage Gallup donne ce samedi 30 août Obama gagnant avec 49% contre McCain 41%), les mêmes sondages montrent aussi qu’une écrasante majorité des blancs voteraient pour McCain si les élections avaient lieu aujourd’hui : au cours de la semaine du 18 au 24 août, toujours selon Gallup en effet, les hommes blancs sont pour McCain à 56% (contre 35% pour Obama) et les femmes blanches favorisent McCain à 48% (contre 39% pour Obama). Et c’est une tendance qui persiste depuis juin ! Tendance inquiétante donc que la campagne Obama devra s’astreindre à corriger illico.

Mais, quoi que disent les Républicains et ces sondages, les quatre premiers longs jours de la semaine qui vient de s’achever ont été acquis à Obama. Lundi, mardi, mercredi, jeudi : quatre jours qui ont changé l’Amérique à tout jamais—, même si Obama n’était pas élu le 4 novembre prochain : pour la première fois, un noir a été adoubé comme candidat aux présidentielles par un grand parti américain !

On ne l’a jamais assez souligné, il y a bien sûr eu les discours magistraux d’Hillary (mardi), de Bill (mercredi) et d’Al Gore (jeudi) et d’Obama (jeudi, le jour même du 45ème anniversaire du discours historique de Martin Luther Jr. « J’ai un rêve »), mais le discours de Michelle Obama a fait couler des larmes abondantes dans toute l’Amérique.

Mais il y a eu le grand discours d’Obama !

Aucune glose que je ferais ne peut décrire ce chef-d’œuvre d’art oratoire. Qu’il me suffise ici simplement de faire remarquer que deux journalistes du prestigieux magazine hebdomadaire « The New Yorker » ont comparé, l’un le show des Démocrates à Denver à celui de Reagan en 1980 et, l’autre, toujours remontant la machine du temps mais cette fois-ci à une vitesse folle, n’hésite pas à comparer « Obamapolis » aux shows et au symbolisme de Kennedy, de Roosevelt et de Lincoln et, la machine s’affolant, et compare même le discours d’Obama aux exploits oratoires de Démosthène !

En effet, George Packer, dans un billet intitulé « 2008/1980 », décrit le spectacle à Denver en ces termes mirobolants : « La nuit passée à Denver, et aujourd’hui à Dayton, confirment un vague sentiment que j’ai tout le long de cette saison politique : les partis ont changé de place. Les Démocrates viennent de chorégraphier le spectacle de nomination le plus impressionnant depuis 1980, quand les Osmonds ont chanté ‘Together New Beginning’ et que Reagan a dépeint son mot-image ‘la ville scintillante sur la colline’ ».

Dans son commentaire titré « Conventional Battle », David Remnik prend des accents prophétiques : « La décision d’Obama de prononcer son discours dans le vaste enclos de pleine saison des Broncos de Denver était censée ‘jouer gros’ en termes de production théâtrale ainsi qu’à faire vibrer, pour ceux à l’esprit enclin à l’évocation historique, les cordes mystiques de la mémoire du discours d’acceptation ‘Nouvelle Frontière’ de Kennedy au Memorial Coliseum de Los Angeles, et du discours ‘rendez-vous avec le destin’ de Roosevelt lors de sa renomination en 1936 au Stade Franklin de Philadelphie. Les colonnes grecques du podium rappelèrent le Stade Soldier Field de Chicago, la colonnade de la Maison Blanche et le Lincoln Memorial et le discours ‘J’ai un rêve’ de Martin Luther King Jr., si ce n’est Démosthène ralliant les Athéniens contre la menace macédonienne. L’équipe Obama ne fait pas des productions modestes Off-Broadway ».

Et après ces sommets, on retombe, comme l’on sortirait d’un beau rêve, dans la grisaille mccainienne ! McCain, puisque l’on parle de lui, vient de sélectionner à la surprise générale une colistière inconnue de tout le monde : Sarah Palin, gouverneure de l’Alaska ! On comprend la détresse du candidat républicain dont la colistière a commencé par jurer par le nom d’Hillary Clinton qui, selon elle, aurait été abandonnée par le sexiste Obama au profit de Joe Biden. Si c’est de cette façon que McCain croit s’allier les supporters mécontents d’Hillary Clinton, il devra vite déchanter car la majorité d’entre eux s’est ralliée à Obama et les femmes « hillariennes » n’ont absolument rien en commun avec cette militante de la droite dure du Parti républicain. La sélection de Sarah Palin ne donc se justifier que comme une tentative de McCain de rallier cette base dure républicaine—, religieuse, anti-avortement et acquise à la cause du lobby des armes à feu. Mais ce choix de Sarah Palin opère un tête-à-queue au récit de campagne de McCain comme le « candidat expérimenté ». Comment pourrait-il maintenant s’en prendre à Obama pour son inexpérience ? Il se peut que McCain veuille jouer ici son va-tout en essayant de redorer son blason terni de non-conformiste (« maverick ») prêt à s’en prendre à l’establishment de Washington. Même dans ce cas, le récit de campagne change : c’est Obama qui dès le lancement de sa campagne n’a de cesse à faire chanter l’Amérique : « Yes we can ! »

Une autre terrible nouvelle pour McCain : au troisième anniversaire de Katrina, l’« Ouragan Gustav » va frapper de plein fouet ce lundi la Nouvelle-Orléans quand il aura peut-être acquis une force de catégorie 5 ! Le jour même du début de la Convention Républicaine qui ne bénéficiera donc pas de toute l’attention de la presse américaine. Le maire de la ville, Ray Nagin, a ordonné l’évacuation obligatoire de la Nouvelle-Orléans, annonçant que ce serait l’« ouragan du siècle »… ce qui remettra à la mémoire des électeurs la réaction incohérente de l’administration républicaine de Bush au désastre de l’Ouragan Katrina.

Mise à jour du lundi 1er septembre 2009 :

Bizarrement, la campagne bagarreuse de McCain prête le flanc aux coups vicieux des commentateurs et bloggeurs de la gauche américaine par la sélection comme colistière de l’inconnue Sarah Palin, gouverneure de l’Alaska. La vie de celle-ci s’ouvre maintenant comme une véritable boîte de Pandore à la curiosité des électeurs américains. Je me contenterai ici de traduire la colonne d’Art Berman titrée « McCain’s Palin Problem » (Le problème Palin de McCain) affichée ce lundi 1er septembre 2008 au site du mensuel de la gauche américaine « The Nation ». Je me borne à cet article de ce magazine sérieux car les bloggeurs américains n’y vont pas de mains morte dans leurs attaques, au point qu’Obama a fait une sortie pour défendre la pauvre Palin : ces bloggeurs prétendent que le petit-frère que Bristol Palin porte sur la photo ci-dessous est en fait son propre fils ! Voici l’article d’Art Berman :

« Le Problème Palin de McCain

Par ART BERMAN

Les Républicains ont enduré aujourd’hui une tempête de catégorie 3. Non, pas l’Ouragan Gustav. L’enquête de personnalité —, ou plutôt le défaut d’enquête— sur Sarah Palin.

Oh Sarah, on te connaissait à peine. Greg Sargent de « Talking Points Memo » [PTM] fait un beau résumé de ce qu’on a appris de Palin juste aujourd’hui.

-- La nouvelle établissant que Palin avait par le passé supporté Le Pont sur Nulle Part est devenue nouvelle nationale.

-- Il apparaît que Palin a des liens avec le très bizarre « Alaska Independence Party » qui nourrit le but de faire sécession de l’union que McCain et Palin veulent diriger.

-- On apprend la nouvelle selon laquelle qu’en tant que gouverneure, Palin compta sur le système des subventions spéciales qu’elle oppose maintenant. Prise avec l’affaire du Pont sur Nulle Part, cette nouvelle risque de saper son image de réformiste, qualité qui fut au centre de sa sélection comme candidate vice-présidente de McCain.

-- On apprend la nouvelle que la fille âgée de dix-sept ans de Palin est tombée enceinte hors mariage à un moment où la base conservatrice a finalement commencé à se rallier à la candidature de McCain.

-- Quelques moments à peine après l’annonce par les conseillers de McCain que McCain était au courant de la grossesse de Bristol Palin, l’« Anchorage Daily News » révélait que le porte-parole lui-même de Palin n’a appris cette nouvelle qu’il y a deux jours.

-- Un conseiller principal de McCain à la Convention Républicaine a été mis dans la position plutôt embarrassante d’arguer que McCain a été au courant de la grossesse « la semaine passée »—sans dire quel jour de la semaine dernière il l’avait su.

-- On apprend la nouvelle selon laquelle des avocats républicains sont en Alaska en train de faire une enquête de personnalité sur Palin— maintenant, plus de 72 heures après qu’il a été annoncé qu’elle avait été sélectionnée.

-- Palin vient d’engager des avocats dans l’enquête sur le scandale [autour de l’affaire de son ex-beau-frère] en Alaska— une action qui rend sure une plus sérieuse attention à l’affaire de la part des grands organes de presse.

Pas un bon début pour le Jour Un de la Convention Républicaine. N’eût-été [l’Ouragan] Gustav, les problèmes de Palin seraient devenus une grande affaire. Peut-elle survivre en tant que vice-présidentiable de McCain ? […]

Durant les six mois que McCain devait choisir son vice-président, n’aurait-il pas envoyé quelques autres  avocats de plus en Alaska ? Ils semblent enquêter sur leur candidate ex post facto. McCain voulait sélectionner Joe Lieberman mais on lui a dit qu’une telle action détruirait le Parti Républicain. Aussi est-il parti dans la direction opposée, choisissant une conservatrice complètement inconnue avec virtuellement aucune qualification politique pertinente. Et l’on s’étonne qu’il y ait eu controverse ».

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17 août 2008

OBAMAGRAMME--VOL.3


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04 août 2008

OBAMAGRAMME--VOL. 1

Je choisis de présenter chaque dimanche ou lundi (cela dépendra) un « Obamagramme » qui prendra en deux temps trois mouvements le pouls hebdomadaire de la campagne présidentielle américaine et ce, dans une perspective pro-Obama. Cette perspective biaisée se justifie au vu de la descente du Sénateur John McCain dans les mangroves de la « campagne négative » : attaques ad hominem dans les spots télévisés  et coups bas !... Quoi de mieux pour encapsuler ces rixes des bas-fonds qu’un « widget » contenant quelques phrases ou quelques images, tant il est vrai que rien ne justifie qu’on s'attarde dans cette gangue putride. Triste tout de même, puisque l’Amérique est bien maîtresse du monde et pourtant elle gagnerait à prendre une ou deux leçons d’une bonne campagne électorale de la France qu’elle semble pourtant mépriser !  Je publierai simultanément ces « widgets » sur mes deux blogs…


MISE A JOUR DU MARDI 5 AOUT 2008
@ GANGOUEUS :
Tu dis qu’il te manque des éléments pour te faire une opinion des mensonges de McCaine. Voici 2 clips de cet affabulateur. Le premier clip dépeint Obama comme appartenant à la même catégorie que Britney Spears et Paris Hilton. Le deuxième le moque comme le Moïse black (les détracteurs d’Obama l’appellent aussi le « Black Messiah ») avec apposition du clip de Charlton Heston dans le rôle de Moïse.

 


Obamaone1
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